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Alstom : Martin Sion prendra la relève d’Henri Poupart-Lafarge au printemps 2026 / Le président d’ArianeGroup choisi pour poursuivre la trajectoire industrielle du groupe
La transition à la tête d’Alstom s’opérera plus tôt que prévu. Alors que le groupe ferroviaire avait annoncé en mai dernier que son directeur général, Henri Poupart-Lafarge, quitterait ses fonctions à l’issue de son mandat courant jusqu’à l’assemblée générale de 2027, le conseil d’administration a décidé d’accélérer le calendrier. Mercredi soir, après Bourse, Alstom a annoncé la nomination de Martin Sion comme futur directeur général du groupe, avec une prise de fonctions fixée au 1ᵉʳ avril 2026.
Ce passage de témoin marque une nouvelle étape dans la réorganisation engagée en 2024, lorsque Philippe Petitcolin avait pris la présidence du conseil, dissociant ainsi les fonctions jusqu’alors réunies par Henri Poupart-Lafarge. L’arrivée de Martin Sion s’inscrit dans la continuité de cette évolution, cohérente avec la culture industrielle que Philippe Petitcolin et lui ont en partage, façonnée chez Safran. Leurs parcours s'y sont d’ailleurs croisés : Philippe Petitcolin, directeur général de Safran entre 2015 et 2020, avait auparavant dirigé plusieurs entités du groupe, dont Safran Electronics & Defense, avant de prendre la tête du groupe aéronautique. Martin Sion, pour sa part, a pris la présidence de cette même division en 2015. Tous deux ont ainsi siégé au comité exécutif de Safran entre 2015 et 2020.
Un profil façonné par Safran et ArianeGroup
Le choix de Martin Sion s’inscrit dans la volonté du conseil d’administration d’attirer un profil à la fois industriel et technologique, familier des cycles longs et des environnements hautement régulés. À 56 ans, le dirigeant incarne une génération de managers formés à l’école des programmes complexes et des alliances européennes. Ingénieur diplômé de l’École Centrale de Paris, il a effectué toute sa carrière au sein du groupe Safran, avant de prendre en 2023 la présidence exécutive d’ArianeGroup, détenu à parts égales par Safran et Airbus.
À la tête du programme Ariane, il a dû gérer des défis comparables à ceux d’Alstom : rationalisation industrielle, pression concurrentielle accrue et relance d’une filière européenne stratégique. Son profil d’ingénieur pragmatique et de manager de terrain séduit autant par sa maîtrise technique que par sa capacité à piloter des organisations matricielles complexes, mêlant logiques industrielles, politiques et technologiques.
Un choix cohérent avec la nouvelle phase d’exécution du groupe
En l’accueillant, Philippe Petitcolin, bien placé pour en juger, a souligné que "le conseil d’administration estime que M. Martin Sion possède l’expérience nécessaire pour diriger Alstom". Au-delà de la formule de courtoisie, le choix d’un profil comme celui de Martin Sion témoigne de la priorité donnée à l’expérience industrielle et à la fiabilité opérationnelle.
Alstom s’efforce depuis plusieurs trimestres de consolider la confiance des investisseurs, après un nouvel épisode de volatilité sur sa génération de trésorerie. L’intégration de Bombardier Transport, désormais achevée, laisse place à une phase d’exécution industrielle et commerciale plus exigeante. Le groupe s’attache à renforcer la prévisibilité de ses flux de trésorerie, à accélérer la cadence de livraisons et à poursuivre ses efforts d’innovation autour de la mobilité décarbonée.
Le printemps 2026, point d’inflexion pour Alstom
Le calendrier arrêté laisse six mois pour préparer la transition, Henri Poupart-Lafarge demeurant aux commandes jusqu’à la prise de fonctions de son successeur au printemps 2026. Ce calendrier anticipé, voulu par le Conseil, doit permettre une passation fluide et une continuité sans heurts dans la conduite des programmes.
L’arrivée de Martin Sion coïncidera avec une phase charnière pour le ferroviaire européen, marqué par le durcissement des exigences environnementales et la montée en puissance de nouveaux acteurs. Alstom, qui revendique son statut de leader mondial de la mobilité durable, cherche encore à transformer cette ambition en avantage compétitif tangible. Le futur directeur général devra composer avec des marchés plus fragmentés, une concurrence asiatique agressive et des marges sous pression, tout en poursuivant la digitalisation des services et la modernisation du portefeuille produits.
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