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La Commission européenne détaille sa stratégie pour que les entreprises européennes adoptent l’IA / Un milliard d'euros de financements seront mobilisés en ce sens
L’Europe met ses programmes de financement à contribution pour soutenir l’intelligence artificielle (IA). Après avoir présenté un plan d’action pour l’IA en avril dernier, destiné à faire de l’UE "un continent d’IA" face à ses rivaux américains et chinois, la Commission européenne entend désormais le mettre plus concrètement en œuvre. C’est à ces fins qu’elle a présenté, mercredi, deux stratégies pour accélérer l’adoption de l’IA dans les industries européennes et dans le secteur public, ainsi que d’IA pour la science. La première, nommée "Apply AI", vise à exploiter le potentiel de transformation de l’IA en ciblant onze secteurs stratégiques ou publics. Parmi eux : les soins de santé, les produits pharmaceutiques, l’énergie, la mobilité, la construction ou la défense, entre autres.
"Pour les entreprises, l’IA est synonyme d’augmentation considérable de la productivité, d’amélioration des opérations, de réduction des coûts et d’innovation majeure. Pour le secteur public, l’IA contribue à offrir des services nouveaux et améliorés aux citoyens et favorise l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes. Cependant, seules 13,5 % des entreprises européennes utilisent actuellement l’IA", a souligné la vice-présidente de la Commission européenne, chargée de la Souveraineté technologique, Henna Virkkunen. La ligne d’actions "Apply AI" se traduira par la mobilisation d’1 milliard d’euros issus des programmes européens de financement, précise la Commission, indiquant que cette enveloppe devrait créer un effet de levier. Les programmes concernés incluent notamment Horizon Europe, Digital Europe Programme, EU4Health ou bien Creative Europe. "Nous mettons en place une politique donnant la priorité à l’IA. Nous encourageons les entreprises et le secteur public à toujours envisager en premier lieu des solutions basées sur l’IA lorsqu’ils prennent des décisions stratégiques. Cela nécessite bien sûr d’examiner attentivement les opportunités et les risques", a ajouté Henna Virkkunen.
La stratégie "Apply AI" se divise en trois sections. Tout d’abord, des programmes sectoriels phares, où l’on retrouve notamment la création de centre de dépistage avancés alimentés par l’IA pour les soins de santé, par exemple. Afin de soutenir ceux de l’environnement ou des produits pharmaceutiques, Bruxelles prévoit aussi d’aider au développement de modèles d’IA agentique. Du côté du secteur public, la Commission indique développer une boîte à outils d’IA, open source et réutilisable, qui permettrait d’aider les administrations publiques à adopter les solutions d’IA. "La stratégie encourage également une approche "Acheter de l’IA européenne", en particulier pour le secteur public. Nous nous concentrerons sur les solutions d’IA open source européennes", précise la Commission.
Un réseau de points d’accès
Au-delà de ses grands programmes sectoriels, la Commission prévoit aussi, dans le cadre de "Apply AI" de se pencher sur des défis transversaux, afin de soutenir les mesures et les actions visant à accroître la souveraineté du continent. Cela concerne par exemple le renforcement du réseau de pôles européens d’innovation numérique (désormais nommés centres d’expérience pour l’IA). Ils permettent entre autres aux entreprises d’avoir accès à la possibilité de tester des technologies numériques avant d’investir, de se fournir en services d’innovation – conseils en financement, formation, développement de compétences, etc. En marge de la présentation de "Apply AI", la Commission a annoncé le financement renouvelé de 83 pôles de ce type, dans le but de consolider ce réseau dans les États membres.
Dernier volet de la stratégie : la création d’un nouveau système de gouvernance avec l’alliance "Apply AI", qui sera le point de contact central entre les acteurs de l’IA des secteurs stratégiques et la Commission. Pensée comme un forum de coordination pour les premiers et les acteurs politiques, elle agira en collaboration avec l’Observatoire de l’IA, créé dans le cadre de cette stratégie, qui soutiendra l’organisation de discussions sectorielles et servira à l’analyse politique et la prise de décision, tout en poursuivant un objectif d’information. En parallèle, comme promis, Bruxelles a également lancé le "AI Act Service Desk", un service d’assistance au travers d’une plateforme d’information unique proposant certains outils, où toutes les parties prenantes pourront se renseigner sur le règlement ou accéder à des conseils pour s’y conformer. Pour mémoire, en avril dernier et en présentant son plan d’action, la Commission avait indiqué vouloir mettre l’accent sur une mise en œuvre facilitée de ce règlement.
"Je veux que l’avenir de l’IA se construise en Europe. Parce que lorsque l’IA est utilisée, nous pouvons trouver des solutions plus intelligentes, plus rapides et plus abordables. L’adoption de l’IA doit être généralisée, et grâce à ces stratégies, nous contribuerons à accélérer le processus", a en tout cas assuré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Approuvées par le collège des commissaires, les stratégies "Apply AI" et d’IA pour la science seront complétées par une stratégie pour l’union des données d’ici à la fin du mois d’octobre, indique Bruxelles.
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