WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Professions financières / Finance durable

Professions financières
Finance durable

Finance durable : le rôle clé des conseillers financiers / Une méconnaissance qui alimente les doutes

Si les Français, particulièrement les jeunes, continuent à accorder de l’importance à l’impact environnemental de leur épargne, force est de constater que leur confiance reste limitée et les connaissances lacunaires. Dans ce contexte, le rôle des conseillers financiers s’avère décisif, l’AMF appelant à une montée en compétences du secteur pour répondre au défi de la finance durable.
Autorité des marchés financiers (Photo by Chris der Grosse / Photononstop via AFP)
Autorité des marchés financiers (Photo by Chris der Grosse / Photononstop via AFP)

Les résultats de la 3ᵉ édition du baromètre bisannuel OpinionWay, que vient de publier l’Observatoire de l’épargne de l’Autorité des marchés financiers (AMF), confirment une évolution notable dans les comportements d’épargne des Français. Si la connaissance des placements responsables reste insuffisante, la demande de conseils en matière de finance durable progresse, notamment auprès des jeunes générations.

 

Un intérêt qui se maintient malgré un léger recul

 

Menée en ligne entre le 12 et le 20 mai 2025 auprès de 2 006 Français âgés de 18 ans et plus, cette enquête met en effet en évidence un maintien global de l’intérêt pour les enjeux du développement durable, avec 63 % des personnes interrogées déclarant les juger importants (contre 66 % en 2023), dont 16 % "très importants". Chez les moins de 25 ans, cette proportion monte même à 24 %, signe d’une sensibilité croissante des jeunes à l’impact environnemental de leur épargne.

Dans le détail, 76 % des Français considèrent que l’impact environnemental des placements responsables est un sujet important - un chiffre stable depuis 2021- même si seulement 44 % leur reconnaissent un réel impact environnemental.

 

Des conseillers financiers en première ligne

 

L’un des enseignements clés de cette édition concerne le rôle central des conseillers financiers. Désormais, 72 % des Français déclarent se tourner d’abord vers leur banque ou leur conseiller pour s’informer sur les placements responsables, loin devant les médias (20 %) ou internet (11 %). Une progression de 5 points par rapport à 2023.

La relation client-conseiller évolue en ce sens : 69 % des Français estiment qu’il est important que leur conseiller leur pose des questions sur leurs préférences en matière de placements responsables, contre 65 % en 2023. Mais dans les faits, seuls 16 % des sondés déclarent avoir déjà été interrogés sur ce sujet par leur conseiller, un chiffre toutefois en hausse de 6 points, alors que cette démarche est devenue obligatoire dans le cadre d’un conseil en investissement depuis août 2022.

Néanmoins, 82 % des clients ayant échangé avec leur conseiller sur les placements responsables se disent satisfaits, contre 69 % en 2023. Mais là encore, ils sont uniquement 12 % à affirmer avoir déjà reçu une proposition concrète de placement responsable de la part de leur conseiller.

 

Des freins persistants à l’investissement

 

De fait, si l’intérêt est là, la compréhension, elle, reste faible. Seuls 12 % des Français déclarent bien connaître les placements responsables, alors que 64 % en ont simplement entendu parler. Cette méconnaissance alimente les doutes : 59 % des sondés doutent que ces placements soient réellement responsables.

Et les labels censés garantir la durabilité ne parviennent pas à dissiper ces incertitudes. Bien que 28 % aient entendu parler du label ISR (Investissement Socialement Responsable) et 18 % de Greenfin, ils ne sont que 25 % et 29 % respectivement leur font pleinement confiance pour certifier le caractère responsable d’un produit d’épargne.

Si bien que parmi les Français n’ayant pas souscrit de placements responsables, 74 % n’envisagent pas d’y recourir à court ou moyen terme. Les principaux obstacles évoqués ? Le manque de moyens financiers (42 %), la crainte du greenwashing (écoblanchiment), ainsi qu’un déficit d’information fiable et la faiblesse des garanties apportées par les labels actuels.

 

L’AMF pour une simplification

 

Face à ces constats, l’AMF réaffirme que la finance durable constitue une priorité stratégique. Le régulateur soutient notamment la simplification du parcours client dans le cadre du règlement européen sur la finance durable, actuellement jugé trop complexe pour de nombreux professionnels et épargnants. Par ailleurs, l’AMF insiste sur la nécessité de renforcer la formation des conseillers financiers. Elle recommande vivement le passage de l’examen AMF "Finance durable" – actuellement facultatif – pour mieux répondre aux attentes croissantes des épargnants.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article