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Bouygues veut faire rayonner son nom bien au-delà de la France / Le groupe muscle sa marque employeur pour séduire (et retenir) les meilleurs profils
Un million de CV reçus par an… et pourtant, Bouygues veut encore plus de candidats. C’est ce 1er octobre que le géant français lancera officiellement la promotion de sa marque employeur. Une initiative mûrement réfléchie, dans un contexte de compétition féroce pour attirer les meilleurs profils, en particulier dans les secteurs techniques. "Le groupe est le troisième recruteur en France. À travers toutes nos activités – construction, énergies et services, médias, télécoms –, ce sont environ 50 000 collaborateurs qui nous rejoignent chaque année, dont entre 10 et 15 000 pour les contrats permanents, sur une entreprise comptant 200 000 personnes", explique Jean-Manuel Soussan, directeur général adjoint du groupe et DRH, dans un entretien accordé à WanSquare.
Une réponse à la pénurie de talents
Toutefois, malgré cette puissance de frappe, le nom "Bouygues" reste encore trop discret hors des frontières françaises. Le groupe souhaite aussi désormais apparaître comme un acteur global, à l’image de ses nombreuses filiales comme Bouygues Telecom, Bouygues Construction ou encore Equans, acquise en 2022. "Nous nous sommes rendu compte que, à l’inverse de la France, le nom du groupe reste peu connu à l’international malgré ses activités locales. L’objectif aujourd’hui est donc de montrer que derrière les différentes entités, Bouygues est un grand groupe international puissant, solide financièrement, doté d’une grande capacité de résistance aux aléas économiques et proposant des possibilités d’opportunités de carrière dans différents secteurs d’activité", poursuit Jean-Manuel Soussan.
Le lancement de cette campagne ne tient pas du hasard. Bouygues, comme de nombreuses entreprises industrielles, se heurte à une pénurie de profils techniques. Et les candidatures ne suffisent plus à couvrir les besoins croissants du groupe. "Nous recevons un million de CV par an, mais nous aimerions en recevoir encore davantage pour pouvoir développer nos activités. Nous recherchons notamment des ingénieurs, des techniciens, des compagnons. Or, force est de constater que la nouvelle génération n’est pas forcément attirée par ces offres", observe Jean-Manuel Soussan. Et d’alerter sur une tendance lourde : "L’on voit bien le niveau des mathématiques en France par exemple. Pour nous, c’est une vraie problématique. À cela s’ajoute une baisse de la démographie dans certains pays où nous opérons".
Une stratégie digitale et personnalisée
Pour inverser la tendance, Bouygues investit massivement dans le digital. Objectif : fluidifier la mobilité interne et faciliter les recrutements. "L’idée est de ne plus être vu comme un conglomérat mais comme un groupe diversifié menant à différentes carrières avec différentes passerelles internes, pour évoluer à l’international ou dans nos différentes activités et naviguer dans le groupe tout au long de son parcours professionnel au sein de l’entreprise. Nous voulons en faire une force", explique le directeur général adjoint.
Le groupe a d’ailleurs lancé le 22 septembre dernier une nouvelle plateforme digitale à destination de ses collaborateurs. Un outil interne dopé à l’intelligence artificielle, pensé pour booster la mobilité professionnelle. "Le collaborateur ne va plus devoir aller chercher lui-même l’opportunité existante, c’est nous qui allons lui signifier cette offre pour être plus attractif que le marché de l’emploi en dehors du groupe", se félicite le DRH.
Actionnariat salarié : un modèle à exporter
Mais au-delà du recrutement, Bouygues veut aussi renforcer la fidélisation de ses collaborateurs. Et mise, pour cela, sur un levier historique : l’actionnariat salarié. Initié dans les années 1960, puis fortement amplifié sous l’impulsion de Martin Bouygues à partir de 1989, avec le lancement d’un plan d’épargne entreprise, et un abondement régulièrement revu à la hausse et des opérations d’augmentation du capital réservées aux salariés, ce dispositif permet aujourd’hui aux salariés, à travers différents fonds, de détenir au total près de 22 % du capital du groupe, générant plus de 30 % des droits de vote.
Une singularité française que le groupe entend désormais étendre à l’international. "Ce sentiment d’appartenance à l’entreprise, nous souhaitons le développer en dehors des frontières françaises et notamment en Europe qui compte 75 % de nos effectifs. Nous sommes d’ailleurs en train de mettre en place de l’actionnariat salarié en Angleterre (où nous sommes également le premier employeur étranger avec plus de 20 000 collaborateurs), en Suisse. Ce sera ensuite au tour de la Belgique, et ainsi de suite afin que les principaux pays où nous sommes présents bénéficient d’un tel dispositif, partout où c’est possible", détaille Jean-Manuel Soussan.
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