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En dépit de quelques aléas, Interparfums soigne ses résultats / Son board coopte une experte des cosmétiques, de la mode et du retail

Si le parfumeur reste toujours, voire davantage, prudent sur ses prévisions annuelles de chiffre d’affaires, ce dernier s’est installé sur une trajectoire de croissance depuis janvier, tout comme ses résultats financiers. Différentes options complémentaires restent à l’étude pour atténuer l’impact des droits de douane américains, bien que de premières mesures aient déjà été appliquées pour ce faire.
Siège social d'Interparfums, Paris. Crédits : Interparfums
Siège social d'Interparfums, Paris. Crédits : Interparfums

Interparfums avait décidé, pendant l’été, de se montrer précautionneux sur ses prévisions annuelles de chiffre d’affaires, en raison du repli du dollar face à l’euro. Le groupe réalise, en effet, environ la moitié de son chiffre d’affaires en devise américaine. Mais la parité entre cette dernière et la monnaie européenne restant toujours défavorable au parfumeur (son impact a été d’1,6 million d’euros sur les six premiers mois de l’année), la visibilité lui faisant encore défaut en raison des perturbations du contexte international et ses partenaires étant toujours prudents, il a de nouveau fait preuve de réserve à l’occasion de sa publication semestrielle.

Le chiffre d’affaires du groupe devrait s’établir autour de 900 millions d’euros cette année, a indiqué son président-directeur général Philippe Benacin, alors que les anticipations précédentes tablaient sur un montant de 910 millions d’euros.

En termes de croissance, l’entreprise a pourtant entamé son exercice du bon pied. Malgré des tensions géopolitiques ayant suscité l’attentisme des consommateurs, elle a fait grimper ses revenus de 6,1 % à taux de change constants au titre du premier semestre de 2025, pour un total de 447 millions d’euros. "Compte tenu de l’accroissement du poids de la filiale américaine, dont les ventes progressent de près de 20 % au 1er semestre 2025, le taux de marge brute consolidé s’améliore de 60 points de base par rapport au 1er semestre 2024", ajoute le groupe.

Une évolution qui, associée à une hausse contrainte des dépenses de marketing et de publicité, ainsi qu’à la maîtrise récurrente des coûts fixes, permet à Interparfums d’afficher un résultat opérationnel de près de 104 millions d’euros, en hausse de 12 % sur un an, ainsi qu’une marge correspondante de 23,2 %. Elle progresse ainsi de plus d’un point d’une année sur l’autre.

 

Les bénéfices en progression

 

Malgré la dégradation poursuivie de la parité euro-dollar au deuxième trimestre, le résultat net part du groupe d’Interparfums s’est fixé à 73,1 millions d’euros, soit une progression de 5 % sur un an. Bien qu’en recul de 4 % sur un an, dans un contexte de croissance, les stocks de composants et de produits finis du groupe demeurent significatifs à fin juin, observe par ailleurs l’entreprise. La conséquence des problèmes d’approvisionnement survenus ces dernières années, même si leur diminution est désormais entamée depuis le pic qui avait été atteint à la mi-2024, grâce à la réduction des délais observés depuis 18 mois.

Pour la suite de l’année, le groupe fait toutefois preuve de certaines précautions : s’il avait déjà augmenté ses prix publics de l’ordre de 5 à 7 %, à effet au 1er août, en raison de la prévision des droits de douane américains, l’accord conclu entre l’Europe et les Etats-Unis qui fixe le taux à 15 %, le conduit désormais à étudier différentes options complémentaires pour en limiter l’impact sur sa profitabilité.

En amont de cette publication semestrielle, le conseil d’administration d’Interparfums a par ailleurs décidé, sur proposition de son comité de gouvernance, de nominations et de rémunérations, de procéder à la cooptation de Natalie Bader Messian en qualité d’administratrice indépendante. Elle remplacera ainsi Véronique Morali (démissionnaire du fait d’un cumul des mandats d’administrateurs) pour la durée du mandat restant à courir de cette dernière, soit jusqu’à l’assemblée générale de 2026.

La cooptation de Natalie Bader Messian sera soumise à la ratification des actionnaires lors de cette même réunion. Une experte des secteurs des cosmétiques, de la mode, de la joaillerie et du retail, indique Interparfums, bénéficiant de 30 années d’expérience dans ces environnements. Elle a notamment opéré pendant plus de dix années chez Chanel, a été la CEO France de Prada, ou encore la présidente de la marque Clarins. Elle est actuellement également membre indépendante du conseil d’administration du Printemps.

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