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BioMérieux freiné par le marché chinois / Mais la rentabilité se hisse à un niveau record

Le ralentissement chinois se confirme pour bioMérieux, qui abaisse légèrement sa prévision de croissance des ventes pour 2025. Mais le diagnostic n’est pas sans contrepartie positive : ses nouveaux tests rapides gagnent du terrain, les applications industrielles continuent de croître à deux chiffres, et la marge opérationnelle progresse sensiblement.
BioMérieux subit le coup de frein du marché chinois mais voit ses marges progresser - Photo by JEFF PACHOUD / AFP
BioMérieux subit le coup de frein du marché chinois mais voit ses marges progresser - Photo by JEFF PACHOUD / AFP

Il n’y aura pas eu de sixième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres pour bioMérieux. Le spécialiste français du diagnostic in vitro a vu ses ventes progresser de 6,1 % à données comparables entre avril et juin 2025, à 946 millions d’euros, ou de 8 % si l’on exclut la Chine. Car c’est bien de ce marché clé, qui représente 5 % du chiffre d’affaires, que proviennent les signaux d’alerte.

La microbiologie - cœur historique du groupe, qui regroupe les tests de détection et d’identification des bactéries en laboratoire - n’a progressé que de 3 % sur la période. La faute à une baisse à deux chiffres en Chine, conséquence directe du resserrement des dépenses de santé locales. Ailleurs en Asie, la division est restée plus robuste avec une croissance de 6 %.

Même constat en immunoessais, ces tests sanguins automatisés qui mesurent la présence de marqueurs biologiques : les ventes ont reculé de 9 % au deuxième trimestre, pénalisées elles aussi par Pékin. L’introduction de la politique dite de "volume-based procurement" - des appels d’offres centralisés où l’État impose des prix bas en échange de volumes garantis - a rogné la rentabilité et réduit les commandes. Le test VIDAS® PCT, utilisé pour diagnostiquer les infections sévères comme les septicémies, se retrouve particulièrement fragilisé, concurrencé par des alternatives plus récentes ou meilleur marché. À cela s’ajoutent les droits de douane imposés par la Chine sur les importations en provenance des États-Unis, qui grèvent un peu plus la compétitivité du groupe.

 

Croissance attendue moins vigoureuse

 

Face à ce contexte, bioMérieux se retrouve contraint de réviser ses ambitions. La croissance annuelle des ventes est désormais attendue entre 6 % et 7,5 % à périmètre et taux de change constants, contre un objectif initial d’"au moins 7 %".

Le tableau n’est toutefois pas uniformément sombre. Parmi les moteurs les plus dynamiques figure SPOTFIRE®, la plateforme de biologie moléculaire rapide lancée en 2023. Conçue pour réduire le délai d’attente des résultats à moins de vingt minutes, elle s’impose progressivement comme un relais de croissance stratégique pour le groupe. Les ventes ont bondi de 143 % au deuxième trimestre, atteignant 25 millions d’euros, soit 79 millions sur le semestre. La base installée dépasse 4 600 instruments, avec près de 200 nouvelles installations sur la période, ce qui rend crédible l’objectif de 190 millions de ventes sur l’année.

Autre soutien notable, les applications industrielles - qui concernent le contrôle qualité des produits agroalimentaires et pharmaceutiques - ont progressé de 11 % pour atteindre 159 millions d’euros au deuxième trimestre. Le segment pharmaceutique s’est distingué avec une hausse de 15 %, tirée notamment par les solutions moléculaires et le système BACT/ALERT®, utilisé pour détecter la présence de bactéries dans les poches de sang ou les produits injectables.

 

Une transformation en cash enfin au rendez-vous

 

De quoi rassurer les investisseurs malgré la baisse des prévisions commerciales. Car la rentabilité s’améliore nettement. Le résultat opérationnel courant du semestre s’établit à 373 millions d’euros, soit 18,2 % du chiffre d’affaires, en hausse de 1,9 point par rapport à 2024. "Il reflète un bon effet mix et des opex bien contrôlés", observe Oddo BHF. Dans le même temps, le free cash-flow bondit à 170 millions d’euros, contre 50 millions d’euros à la même période en 2024. "Depuis des années, le consensus attendait une meilleure transformation de la croissance en cash et en profit : c’est chose faite ce matin", souligne le cabinet d’analystes.

Le groupe relève d’ailleurs son objectif annuel de résultat opérationnel courant contributif, désormais attendu en hausse de 12 % à 18 % à données comparables, contre "au moins 10 %" précédemment. L’amélioration du levier opérationnel, soutenue par la mise en œuvre du plan stratégique GO.28, doit permettre d’absorber intégralement l’effet négatif des droits de douane chinois, estimé entre 5 et 10 millions d’euros cette année.

 

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