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Macro-économie / Taux

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Quand l’incertitude freine la politique monétaire / Son efficacité en prendrait un coup

Une étude récente de la Banque centrale européenne (BCE) révèle que l’impact des décisions de politique monétaire, comme les baisses de taux d’intérêt, est considérablement affaibli en période d’incertitude économique élevée. Ce n’est pas très gênant lorsque l’inflation dépasse la cible car l’incertitude fait figure de vent contraire, en revanche, si l’institution de Francfort se devait de soutenir la croissance dans les temps à venir, cela signifierait qu’elle devrait appuyer plus lourdement sur l’accélérateur.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Cole Burston/ / AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Cole Burston/ / AFP

Compliqué d’être banquier central par les temps qui courent. Alors que l’indicateur de référence sur l’incertitude économique (créé par Baker, Bloom et Davis) côtoie des niveaux historiquement élevés, une étude de la Banque centrale européenne (BCE) fait valoir qu’un tel environnement est contrariant pour la politique monétaire.

Andrea Falconio et Julian Schumacher, chercheurs à la BCE, ont ensuite examiné la réaction de l’économie à une baisse surprise de 100 points de base des taux à court terme, en fonction du niveau d’incertitude. Les résultats sont sans appel : en période de faible incertitude, l’impact est conforme aux attentes - inflation en hausse, chômage en baisse.

Mais lorsque l’incertitude est forte, les effets sont bien plus limités. Dans le détail, ils sont statistiquement non significatifs pour l’inflation. Pour le taux de chômage, l’effet maximal - atteint après un an - est environ 17 points de base plus faible en période de forte incertitude (quasiment moitié moins important).

Attention, cela ne signifie pas que les banques centrales doivent systématiquement assouplir ou resserrer leur politique monétaire de façon plus agressive en période d’incertitude élevée.

"Des conditions économiques volatiles ont tendance à rendre les entreprises et les ménages plus frileux à consommer ou investir, indépendamment des actions de la banque centrale", rappellent les deux économistes. "Un tel ralentissement de l’activité peut aller dans le sens souhaité par la banque centrale lors d’un cycle de resserrement, mais il freine au contraire les effets attendus d’un assouplissement monétaire ", ajoutent-ils. "Nos résultats ne portent donc pas sur l’effet total que la politique monétaire doit produire en période d’incertitude, mais montrent qu’à objectif donné, les banques centrales pourraient être contraintes d’en faire davantage lorsqu’elles évoluent dans un environnement économique incertain", précisent-ils.

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