Macro-économie / Taux
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France : sous nos pieds, les clés de la transition / Le pari minier du gouvernement pour une industrie verte
Sur les hauteurs granitiques de l’Allier, le gouvernement veut ouvrir un nouveau chapitre pour le sous-sol français : celui d’une reconquête minière au service de la transition écologique et industrielle. Le ministre de l’Industrie et de l’Énergie, Marc Ferracci, s’est rendu ce lundi sur le site d’Imerys à Échassières (Allier), pour souligner une inflexion sensible dans la politique industrielle française : remettre l’extraction minière au cœur de la stratégie de transition énergétique. Il a annoncé à cette occasion l’octroi de 200 millions d’euros de crédit d’impôt au projet EMILI, première mine de lithium industrielle en France, portée par le groupe Imerys.
L’annonce s’inscrit dans une stratégie de sécurisation des approvisionnements en métaux critiques, devenue un pilier du plan France 2030. Pour accompagner la décarbonation des transports, de l’énergie ou du bâtiment, la demande explose pour des ressources comme le lithium, le nickel ou les terres rares. La France dépend massivement de ces importations.
Les nouveaux décrets d’application du code minier, publiés le 28 août dernier, traduisent la volonté de l'exécutif. Ils prolongent les permis d’exploration de 5 à 15 ans, tout en renforçant la prise en compte des enjeux environnementaux et la participation du public dans les décisions. Le projet EMILI sera instruit selon ces nouvelles règles.
En parallèle, le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) est chargé de conduire un nouvel inventaire minier national, dont les premiers résultats sont attendus en 2028. Objectif : mieux connaître le potentiel du sous-sol français et guider les futurs projets.
Le projet EMILI, porté par Imerys, vise à transformer un site de production de kaolin existant en mine de lithium. À terme, l’usine de raffinage associée devrait produire jusqu’à 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an à l’horizon 2030, soit de quoi équiper 700 000 véhicules électriques par an. Cela représente plus de 20 % des besoins en lithium des gigafactories de batteries déjà installées sur le territoire. Outre la relocalisation industrielle, le site présente l’avantage d’une empreinte carbone bien inférieure aux extractions menées dans d'autres régions du monde.
Le projet d’Imerys n’est pas un cas isolé. Au total, 41 nouveaux projets industriels reçoivent un soutien public via France 2030 et le crédit d’impôt pour l’industrie verte (C3IV). Sept d’entre eux portent spécifiquement sur la production de métaux critiques, pour un montant global d’environ 809 millions d’euros.
Le ministre a également révélé les résultats des appels à projets opérés par Bpifrance et l’Ademe, consacrés aux métaux critiques et au recyclage des matériaux. 34 nouveaux projets ont été retenus, pour 253 millions d’euros de soutien public et près de 2,5 milliards d’euros d’investissements industriels à venir.
Grâce à cet écosystème d’aides, la France anticipe la création de 3 800 emplois, la construction d’une quinzaine d’usines, et la production sur son sol de près de 40 % du lithium nécessaire aux batteries électriques nationales.
Pour compléter sa politique de relocalisation, la France s’est dotée d’une feuille de route diplomatique sur les matières premières critiques, approuvée en 2022. À ce jour, quinze partenariats bilatéraux ont été conclus avec des pays riches en ressources comme le Canada, l’Australie, le Chili, le Maroc ou l’Indonésie, afin de diversifier les sources d’approvisionnement et sécuriser les chaînes logistiques.
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