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Macro-économie / Taux

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François Bayrou fait tapis, les marchés déchantent / Le spread franco-allemand se tend alors que les actions font la grimace

En engageant la responsabilité de son gouvernement, le Premier ministre n’a, sans surprise, pas laissé les marchés financiers indifférents. Le scénario central est une chute de l’exécutif le 8 septembre et l’incertitude associée durcit les conditions de financement de l’économie française.
François Bayrou, Premier ministre - Damien MEYER / AFP
François Bayrou, Premier ministre - Damien MEYER / AFP

Rentrée agitée pour les marchés financiers. À l’image de ce qu’il se passe régulièrement depuis la dissolution de l’Assemblée nationale de juin 2024, le risque politique s’invite dans leur trajectoire. Hier, le Premier ministre François Bayrou a annoncé qu’il allait engager la responsabilité de son gouvernement le 8 septembre à l’occasion d’un vote de confiance à la suite d’une déclaration de politique générale portant sur le surendettement public de l’Hexagone.

Au regard des propos tenus par les responsables politiques de tous bords de la Chambre basse, le scénario central est que le gouvernement du maire de Pau chutera dans moins de quinze jours. S’il venait à tomber, la France aura connu cinq Premiers ministres (en comptant le successeur de François Bayrou) en vingt-et-un mois, une instabilité inédite depuis la quatrième République.

Evidemment, les marchés ne font pas la sourde oreille. Le spread franco-allemand, qui représente le surplus de rendement exigé par les investisseurs pour prêter, à horizon dix ans, à la France plutôt qu’à l’Allemagne, a gonflé de 8 points de base. A près de 0,8 point de pourcentage, il se situe à un plafond depuis le mois d’avril. Le niveau absolu du taux d’intérêt français à dix ans a, lui, augmenté de 2 points de base à 3,5 %, un plus haut également depuis le printemps.

"Je vous parie que dans les quinze jours qui viennent, nous paierons notre dette plus chère que l’Italie", a déclaré Eric Lombard, ministre de l’Economie et des Finances. A cette heure, une dizaine de points de base séparent les taux de la Botte de ceux de la France à échéance dix ans - l’écart s’établissait à environ 50 points de base il y a de cela quelques mois. Fitch Ratings fera connaître le 12 septembre sa nouvelle évaluation de la solvabilité de notre pays, elle a placé sa note de crédit (AA-) sous perspective négative.

Du côté des marchés actions, l’humeur n’est pas non plus à la fête. Le CAC 40 a abandonné 1,80 % ce matin après avoir perdu 1,60 % hier. Au sein de l’indice phare de la Bourse de Paris, sans surprise, particulièrement sensible au risque politique, le secteur bancaire est celui dont la capitalisation boursière a le plus souffert. En effet, les cours de Société Générale, Crédit Agricole et BNP Paribas reculent respectivement de 6,7 %, 5,68% et 5,2 %.

A noter également la baisse du cours de Vinci (-5,8 %). "Les gels d’investissements et les reports d’appels d’offres peuvent peser sur leur carnet de commandes [contractants et concessionnaires, ndlr]. Le marché se souvient des précédentes taxes sur les infrastructures de transport de longue distance (autoroutes, aéroports) validées en 2024, et redoute que de nouvelles mesures de recettes ciblent à nouveau le secteur dans un cadre d’économies", explique Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour eToro.

Thomas Zlowodzki, head of equity strategy chez Oddo BHF, rappelle que le CAC 40 a sous-performé le Stoxx 600 de près de 4 points depuis le début de l’année. "La situation politique actuelle nous paraît en mesure de nourrir une nouvelle sous-performance dans les jours et semaines qui viennent, d’autant que les actions françaises ont davantage 'reraté' que le marché européen sur cette période", juge-t-il.

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