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L’épargne salariale : plus de 23 milliards d’euros versés en 2023 dans le privé / Participation et intéressement, deux dispositifs en croissance constante
Les mécanismes de l’épargne salariale – la participation et l’intéressement – continuent de se développer à un rythme soutenu. En 2023, ces dispositifs ont permis de redistribuer plus de 23 milliards d’euros bruts à près de 6 millions de salariés du secteur privé non agricole, selon une étude récente de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques). Sur le long terme, la hausse est significative, à la fois en montants versés et en nombre de bénéficiaires.
Une forte croissance de la participation
Dans le détail, 5,8 millions de salariés ont bénéficié de la participation, pour un montant total de 11,5 milliards d’euros. Sur 40 ans - elle a été instaurée en 1967 -, les montants distribués au titre de la participation ont ainsi été multipliés par 9,1 en euros courants, passant de 1,3 milliard d’euros en 1983 à 11,5 milliards en 2023. Une évolution qui dépasse largement celle de la masse salariale (4,2 fois sur la même période), reflétant l’essor du dispositif.
Selon la Dares, cette progression s’explique à la fois par la hausse du montant des primes individuelles, en augmentation annuelle moyenne de 3,9 % sur la période, et par l’élargissement du nombre de bénéficiaires, passé de 2,9 millions à 5,8 millions entre 1983 et 2023. Le montant moyen versé par salarié s’élève désormais à 4,6 % du salaire moyen, contre 3,1 % en 1983.
L’intéressement en progression quasi continue
L’intéressement, facultatif mais souvent mis en place dans le cadre d’accords collectifs, suit une trajectoire similaire. En 2023, 5,6 millions de salariés en ont bénéficié, pour un montant total de 11,6 milliards d’euros bruts.
Depuis 1992, année de référence dans l’étude, le montant global versé a été multiplié par 7,8, alors que la masse salariale brute sur le même périmètre n’a été multipliée que par 2,6. Le rythme moyen annuel de progression atteint + 6,8 %, contre une inflation moyenne de 1,6 % sur la période.
Le montant moyen de la prime d’intéressement a également crû, atteignant 4,9 % du salaire moyen en 2023, contre 3,7 % en 1992. Il avait atteint un pic de 5,2 % en 2006, avant de reculer dans les années suivantes, notamment en raison de la crise économique de 2008.
Le nombre de bénéficiaires a progressé de 1,9 million à 5,6 millions entre 1992 et 2023, soit une multiplication par 2,9.
Des primes de plus en plus investies dans des plans d’épargne
A noter que la majorité des sommes versées dans le cadre de la participation et de l’intéressement ne sont pas directement perçues par les salariés, mais placées dans des dispositifs d’épargne, principalement dans les Plans d’Épargne Entreprise (PEE) ou les Plans d’Épargne Retraite Collectifs (Perco/PER collectif).
En 2023, 60 % des primes ont été investies dans ces plans, contre 40 % versées directement. À l’inverse, près des trois quarts des flux vers les PEE et environ la moitié de ceux vers les plans d’épargne retraite proviennent de l’épargne salariale, le reste étant constitué d’abondements employeurs et de versements volontaires des salariés.
Entre 2000 et 2023, les versements sur les PEE ont été multipliés par 2,4, atteignant 13,4 milliards d’euros nets. Concernant les plans d’épargne retraite collectif, 1,6 million de salariés y ont épargné en 2023, pour un total de 2,9 milliards d’euros versés, confirmant la croissance régulière de ces produits lancés au début des années 2000.
Un cadre incitatif, renforcé par la loi Pacte
La Dares souligne enfin que l’essor de l’épargne salariale est également porté par un cadre fiscal et social incitatif. Les primes sont exonérées de cotisations sociales (hors CSG-CRDS) et, si elles sont placées, échappent à l’impôt sur le revenu jusqu’à leur déblocage.
Pour mémoire, la loi Pacte de 2019 a renforcé cette attractivité, en supprimant notamment le forfait social (20 % à l’époque) sur l’intéressement pour les entreprises de moins de 250 salariés et sur la participation pour celles de moins de 50 salariés.
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