Entreprises / Actions
Entreprises / Actions
EDF : du rififi autour de la vente de sa pépite Tech, Exaion ? / L’ancien locataire de Bercy, Antoine Armand, s’insurge contre l’opération
Il y a quelques semaines, EDF, et notamment sa structure de capital-risque, EDF Pulse Venture, annonçaient avoir signé un accord d’investissement avec l’Américain Mara, spécialiste de l’énergie et des infrastructures numériques, dans Exaion, filiale de l’énergéticien français dédiée aux solutions cloud hautement sécurisée.
Un accord permettant à Mara d’acquérir 64 % des parts au capital d’Exaion pour un montant d’environ 168 millions de dollars, prévoyant également la possibilité pour l’entreprise basée en Floride d’augmenter sa participation jusqu’à 75 % d’ici 2027 (soit environ 127 millions de dollars supplémentaires). Objectif de l’opération : permettre à Exaion de se déployer à l’international. "Depuis sa création en 2020, EDF Pulse Ventures a soutenu la croissance d’Exaion et le développement de ses technologies numériques de pointe. Cette transaction marquerait un nouveau chapitre, car Exaion s’associerait à un partenaire technologique mondial expérimenté, tout en maintenant une relation de collaboration avec le groupe EDF. Ce serait une opportunité majeure pour Exaion d’accélérer son développement technologique et international", avait alors commenté Julien Villeret, directeur de l’innovation du groupe EDF.
Une annonce qui n’avait toutefois pas manqué de faire réagir l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, aujourd’hui député, Antoine Armand. "Souveraineté ? La cession des deux-tiers d’une pépite tech d’EDF mérite des explications. Il y a environ un an, EDF déléguait une partie de son inventaire industriel à Amazon Web services… en rappelant que le stockage et les activités stratégiques restaient gérés par sa filiale Exaion, pépite française du calcul haute performance, qui joue un rôle clé dans le parc hydroélectrique national. Et l’on apprend au cœur de l’été la cession des deux-tiers d’Exaion à un fonds américain spécialiste du bitcoin ? Certes cela donne des marges de manœuvre financières, mais allons-nous brader les pépites tech souveraines qui grandissent en France ? Avec quels engagements ?", s’était-il étonné sur X, annonçant par la même occasion son intention de saisir le gouvernement (actionnaire à 100 % d’EDF) afin d’obtenir une clarification sur cette cession.
Ce mardi, Antoine Armand a déclaré s’être entretenu avec son successeur à Bercy, Eric Lombard. Ce dernier lui aurait ainsi assuré que "cette cession n’était pas faite et s’(était) engagé à explorer d’autres options ". "Ce type de dossier doit nous inciter à renforcer les leviers financiers et réglementaires pour protéger la croissance des tech et services clés en France ", a jugé le député de Haute-Savoie.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

