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Macro-économie / Taux

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Catastrophes climatiques : une onde de choc économique / Les régions de l’OCDE confrontées à des pertes durables et sous-estimées

Les événements climatiques extrêmes ne cessent de s’intensifier et de se multiplier. Une nouvelle étude de l’OCDE, fondée sur des données inédites, révèle que leur impact économique est à la fois massif, persistant et souvent occulté dans les estimations actuelles des coûts du changement climatique. Loin d’épargner les économies avancées, ces chocs pèsent déjà lourdement sur leur trajectoire de croissance.
Incendie en Espagne - Pablo Blazquez Dominguez / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
Incendie en Espagne - Pablo Blazquez Dominguez / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Le dérèglement climatique frappe, l’économie vacille. Sécheresses, inondations, incendies, cyclones, pluies diluviennes : les événements météorologiques extrêmes gagnent en fréquence et en intensité. Si leurs effets humains et environnementaux sont largement reconnus, leur impact économique reste encore sous-évalué. C’est ce que démontre un nouveau document de travail de l’OCDE, qui dresse un constat alarmant : les catastrophes climatiques ont des effets économiques significatifs, durables, et largement invisibles à l’échelle nationale.

S’appuyant sur une base de données sans précédent, couvrant plus de 1600 régions dans 31 pays de l’OCDE entre 2000 et 2021, l’étude menée par Hélia Costa et John Hooley rapporte qu’un événement météorologique extrême entraîne en moyenne une baisse de 2,2 % de l’activité économique régionale. Cinq ans plus tard, cette perte reste à 1,7 %, malgré les mesures d’adaptation et les effets de reconstruction.

Contrairement à certaines hypothèses théoriques suggérant un possible rebond à long terme, les données montrent que ces chocs laissent des cicatrices durables. L’emploi recule de manière persistante, la productivité baisse, et les migrations sortantes augmentent. Ces mécanismes fragilisent les territoires touchés sur plusieurs années, bien au-delà de la phase d’urgence.

Autre constat majeur : les effets ne s’arrêtent pas aux frontières des régions sinistrées. L’OCDE identifie des retombées négatives dans les zones voisines, avec un impact indirect pouvant atteindre 0,5 % du PIB régional dans un rayon de 100 kilomètres. Ces "spillovers" sont dus à des effets combinés de demande et d’offre, qui l’emportent sur d’éventuels transferts d’activité économique vers les zones épargnées.

Sur l’ensemble de la période étudiée, les pertes moyennes annuelles de PIB liées à ces catastrophes s’élèvent à environ 0,35 % dans les pays de l’OCDE - un chiffre qui peut sembler modeste à l’échelle nationale, mais qui devient considérable lorsqu’on en mesure l’accumulation et les disparités régionales.

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