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Macro-économie / Taux

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Le Fonds norvégien sous la pression du change / Sa valeur s’érode malgré de bonnes performances boursières

Au premier semestre 2025, la valorisation du plus grand fonds souverain de la planète a diminué de 13,1 milliards d’euros sous l’effet de l’appréciation de la couronne norvégienne. Ses gains de 60 milliards d’euros enregistrés sur ses placements ne suffisent pas à contrebalancer le phénomène.
Nicolai Tangen, directeur général du Fonds norvégien - Tor Erik Schroder / NTB / NTB via AFP
Nicolai Tangen, directeur général du Fonds norvégien - Tor Erik Schroder / NTB / NTB via AFP

Le Fonds souverain norvégien perd au change. Le plus grand fonds souverain de la planète a vu sa valeur reculer de 13,1 milliards d’euros au cours des six premiers mois de l’année. Cette évolution s’explique en grande partie par la forte appréciation de la couronne norvégienne, qui a amputé les gains réalisés à l’étranger de plus de 80 milliards d’euros (le fonds est intégralement investi à l’étranger). L’institution chargée de recycler les revenus pétrogaziers de la Norvège pesait 1646,3 milliards d’euros fin juin 2025.

Ce repli intervient pourtant dans un contexte de bons résultats d’investissement.  Le portefeuille d’actions, qui représente plus de 70 % de la valeur totale du fonds, a connu une performance solide avec un rendement de 6,7 %. Les secteurs des services financiers, des télécommunications et des services publics ont été les principaux moteurs de cette progression. Les banques européennes ont particulièrement bien tiré leur épingle du jeu, portées par "une rentabilité toujours robuste", commente le Fonds. Les entreprises de télécommunications ont, de leur côté, bénéficié de revenus stables, de projets de consolidation sur le marché européen et de nouvelles perspectives de croissance liées à l’essor de l’intelligence artificielle. 

À l’inverse, le secteur de la santé a pesé sur les résultats, avec un recul de 2,9 % dû principalement aux incertitudes réglementaires entourant la politique en la matière aux États-Unis. 

Les investissements obligataires, qui pèsent pour un peu plus de 27 % de l’actif du fonds, ont, eux, généré un rendement de 3,3 %, mais dans un climat de forte volatilité politique et économique. Les obligations souveraines américaines, pourtant massivement représentées dans le portefeuille, ont légèrement reculé, notamment en raison de la baisse du dollar. En revanche, les obligations d’État européennes ont bien résisté, portées par une politique monétaire plus accommodante et un euro en hausse. Le Japon a connu une situation plus contrastée, marquée par une hausse modérée des taux et une forte instabilité des rendements à long terme.

Le secteur immobilier a également affiché des résultats différenciés. Globalement, les investissements du Fonds sur ce secteur ont généré un rendement de 1,8 %, mais cette moyenne masque des écarts importants entre les segments. Les actifs non cotés, principalement composés de bureaux, de commerces et de plateformes logistiques, ont progressé de 4 %, grâce notamment à la baisse des taux de la Banque centrale européenne et à une diminution des taux de vacance dans certaines grandes villes comme Londres ou Paris. Les actifs cotés, en revanche, ont légèrement reculé, pénalisés par des difficultés spécifiques à certains secteurs, tels que la biotechnologie ou les entrepôts frigorifiques.

Enfin, les investissements dans les énergies renouvelables non cotées, qui représentent seulement 0,4 % du portefeuille, ont généré un rendement notable de 9,4 %. Cette performance s’explique à la fois par des revenus issus de la vente d’électricité et par des effets de change favorables. Le fonds a par ailleurs renforcé son engagement dans le secteur au cours du semestre, en investissant environ 2 milliards d'euros dans deux projets éoliens offshore en cours de construction au Danemark et en Allemagne.

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