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Une résilience confirmée des PME et ETI malgré l’instabilité politique / Les entreprises françaises naviguent prudemment dans un climat économique flou

Selon une note de la Banque de France, en 2024, les PME et ETI françaises ont affiché une résilience notable dans un contexte économique et politique tendu. Malgré un ralentissement de la croissance, les entreprises ont su maintenir des marges stables, réduire leur endettement et améliorer leur trésorerie. Portée par la baisse de la CVAE et le remboursement massif des prêts garantis par l’État, leur santé financière globale est restée solide. Ce qui n’a pas empêché les dirigeants de se montrer prudents en prévision de cette année.
Banque de France (Photo by Martin LELIEVRE / AFP)
Banque de France (Photo by Martin LELIEVRE / AFP)

Le panorama économique des petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que des entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises en 2024 s’est révélé plus solide qu’attendu.

C’est ce que révèle une vaste étude publiée par la Banque de France, qui a analysé près de 1,6 million de liasses fiscales, représentant 90 % de l’emploi salarié et 85 % de la valeur ajoutée générée par ces entreprises. Malgré des vents contraires liés à un environnement géopolitique instable, la santé financière d’ensemble demeure robuste.

 

Une croissance modérée, mais bien ancrée

 

De fait, alors que la croissance mondiale a marqué le pas l’année dernière, le chiffre d’affaires des entreprises françaises a continué de progresser. Les microentreprises ont enregistré une hausse de 2,8 % de leur chiffre d’affaires, contre 1,3 % pour les PME et seulement 0,6 % pour les ETI. Ces résultats traduisent certes un net ralentissement par rapport aux moyennes historiques (avec des taux de croissance inférieurs aux moyennes de long terme, de près de trois points), mais témoignent néanmoins d’une activité économique stable, selon la Banque de France.

Surtout, et c’est là un élément clé de l’année 2024, le taux de marge des entreprises est resté globalement stable, voire en légère hausse. Une amélioration en grande partie liée à deux facteurs : la réforme de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), dont le taux a été abaissé à 0,28 %, et le ralentissement des hausses salariales, passées de + 4,2 % en 2023 à + 2,7 % en 2024.

 

Un recul net de l’endettement

 

Autre signe de robustesse : les niveaux d’endettement. Le taux d’endettement brut (dette financière sur capitaux propres) des ETI est passé de 120 % en 2020 à 109 % en 2019, puis à 100 % en 2024, atteignant un seuil symbolique. Même tendance pour les PME hors microentreprises. Une amélioration soutenue par une hausse généralisée des capitaux propres (+ 5 % pour les PME, + 4 % pour les ETI), et par le remboursement massif des prêts garantis par l’État (PGE).

À fin 2024, 68 % des montants empruntés avaient été remboursés. Dans le détail, 70 % des ETI et 67 % des PME ont commencé à apurer leurs dettes. Mieux, 36 % des ETI et 20 % des PME ont déjà remboursé l’intégralité de leur prêt. A noter que les appels à la garantie restent limités : seules 5,5 % des microentreprises, 3,2 % des PME et 2,9 % des ETI ont sollicité la garantie de l’État. Cela confirme que, pour la grande majorité, les entreprises ont su gérer leur retour à la normale sans trop de heurts, estime la Banque de France.

Pour mémoire, les PGE ont été mis en place de mars 2020 à juin 2022 pour faire face aux conséquences de la crise Covid, et d’avril 2022 à fin 2023 pour soutenir les entreprises affectées par la guerre en Ukraine. Ils ont bénéficié à 551 000 microentreprises (pour un montant moyen de 72 000 euros), 104 000 PME hors microentreprises (652 000 euros en moyenne) et 1 670 ETI (12,2 millions d’euros en moyenne).

 

Trésorerie, un sentiment de sécurité relatif

 

En matière de trésorerie, les entreprises affichaient des niveaux plus élevés qu’avant la crise : la trésorerie médiane équivalait à 53 jours de chiffre d’affaires pour les PME, 65 pour les microentreprises, et 59 pour les ETI. Une progression de plus de 30 % en moyenne depuis 2019.

Tous secteurs confondus, les niveaux restaient supérieurs à ceux d’avant-crise, confirmant la prudence des dirigeants. "Toutefois, et malgré les bons niveaux de trésorerie observés dans les comptes des entreprises, les enquêtes de conjoncture montrent que la perception qu’ont les chefs d’entreprise de leur situation de trésorerie est au contraire moins bonne qu’elle ne l’était avant la crise Covid. […] A la suite notamment des abondantes liquidités procurées par les PGE, les chefs d’entreprise auraient révisé à la hausse le niveau de trésorerie jugé nécessaire pour mener leurs activités. De surcroît, l’incertitude particulièrement forte du moment explique sans doute également pourquoi les chefs d’entreprise déclarent avoir des besoins de trésorerie plus importants que par le passé ", relève la Banque de France.

D’ailleurs, au deuxième trimestre 2025, les demandes de crédit de trésoreries sont restées modérées, bien que l’on observe une légère reprise : 6 % des PME ont sollicité un crédit de trésorerie, contre 5 % des ETI, un niveau stable pour ces dernières. Des chiffres qui confirment que la prudence des entreprises quant à leur endettement à court terme.

Au cours des trois derniers mois, 54 % des PME ont utilisé leurs lignes disponibles (niveau stable), tandis que 55 % des ETI y ont eu recours, soit une baisse de 5 points par rapport au trimestre précédent.

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