Macro-économie / Taux
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L’électrification mondiale connaît des progrès historiques / Les objectifs pour 2030 semblent toutefois hors de portée
Malgré des avancées notables, le monde reste en retard sur sa promesse d’une électrification universelle d’ici 2030. En 2023, 92 % de la population mondiale avait accès à l’électricité, contre 84 % en 2015, selon un rapport publié par la Banque mondiale. Une amélioration continue depuis dix ans, mais encore insuffisante : 666 millions de personnes restent privées de ce service essentiel. Les inégalités régionales sont particulièrement criantes. L’Afrique subsaharienne concentre à elle seule 85 % des populations non connectées, avec une capacité installée en énergies renouvelables limitée à 40 watts par habitant - soit huit fois moins que la moyenne des pays en développement.
" Alors que nous approchons du cap des cinq dernières années pour atteindre les cibles de l’Objectif de développement durable n°7 [accès de 100% de la population mondiale à l’électricité en 2030, ndlr], il est impératif d’accélérer le déploiement des connexions électriques ", alerte Guangzhe Chen, vice-président pour les infrastructures à la Banque mondiale.
Parmi ces solutions, les énergies renouvelables décentralisées — mini-réseaux et systèmes solaires hors réseau — sont jugées essentielles pour répondre aux besoins des zones rurales, fragiles et peu desservies. Francesco La Camera, directeur général de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), rappelle leur potentiel : " Les renouvelables ont connu une croissance record ces dernières années, rappelant leur accessibilité, leur modularité et leur rôle central dans la réduction de la pauvreté énergétique. Mais nous devons accélérer les progrès ".
Il pointe cependant un frein majeur : le manque de financements adaptés. En 2023, les flux financiers internationaux en soutien aux énergies propres dans les pays en développement ont atteint 21,6 milliards de dollars — un niveau en hausse mais toujours en dessous du pic de 2016.
" Les lacunes, en particulier en matière d’infrastructure, reflètent un accès limité aux financements. Seules deux régions dans le monde ont vu de réels progrès. Pour combler ces écarts, il nous faut une coopération internationale renforcée, afin de mobiliser des capitaux abordables et orientés vers l’impact ", insiste Francesco La Camera.
Le rapport fait également le point sur d’autres dimensions de la transition énergétique. Si la part des énergies renouvelables dans la consommation électrique mondiale avoisine désormais les 30 %, leur utilisation dans d’autres secteurs reste marginale. Les gains en efficacité énergétique progressent également trop lentement. En 2022, l’intensité énergétique mondiale n’a diminué que de 2,1 %, loin des 4 % annuels nécessaires pour respecter l’Accord de Paris.
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