Fonds d'investissements / EQT / Nicols Brugère
Fonds d'investissements
EQT / Nicols Brugère
EQT poursuit sa montée en puissance sur le marché français / Déjà plus de 8 milliards d’euros investis depuis l’ouverture du bureau parisien
L’opération, finalisée cet été, pourrait n’être qu’un exemple parmi d’autres. Mais pour EQT, la sortie de la Bourse de Believe a valeur de symbole. " Believe est emblématique de ce que faisons en France ", résume Nicolas Brugère, Partner et responsable du bureau parisien du fonds suédois. Une prise de contrôle aux côtés du fondateur Denis Ladegaillerie, dans un secteur en mutation, avec des ambitions mondiales et un levier technologique fort : tous les ingrédients d’un scénario à la EQT sont réunis. " L’histoire de Believe fait écho à la nôtre. Une entreprise européenne devenue un acteur global, dans un marché dominé par des géants américains. "
Fondé il y a une trentaine d’années en Suède, EQT a construit son ascension sur une philosophie simple : " Doing good is good business ". Une approche de long terme, industrielle, et fondée sur des convictions sectorielles fortes. Côté à Stockholm depuis 2019, le fonds gère aujourd’hui plus de 250 milliards d’euros d’actifs, dont deux tiers en private capital et un tiers en actifs réels (infrastructure et immobilier). Dans un classement récent de Private Equity International, EQT figure au deuxième rang mondial des fonds de private equity par capitaux levés sur cinq ans.
Une implantation stratégique depuis 2020
En France, l’histoire s’est accélérée en 2020 avec l’ouverture du bureau parisien. Lancée dans un contexte difficile – en plein confinement –, l’équipe locale s’est étoffée pour atteindre aujourd’hui une trentaine de personnes, réparties entre private equity, infrastructure, immobilier et capital-risque. " La France est l’un des trois plus grands marchés européens pour le private equity. C’est un pays avec du talent, de la technologie, et une attente d’investisseurs responsables. Cela résonne avec notre ADN ", souligne Nicolas Brugère.
Depuis son implantation, EQT a engagé plus de 8 milliards d’euros dans des sociétés françaises à travers ses différents fonds globaux. Le bureau tricolore a participé à 13 opérations dépassant les 100 millions d’euros de valeur d’entreprise - dont cinq supérieures à un milliard -, à 18 transactions de capital-innovation, et à 65 investissements immobiliers. Il n’existe pas de fonds spécifiquement français chez EQT : les équipes locales investissent via les véhicules mondiaux, sans allocation géographique dédiée.
Une stratégie thématique : santé, tech et transition
La ligne directrice est claire : EQT se définit comme un investisseur thématique. " Nous privilégions les tendances de long terme peu sensibles aux cycles : digitalisation, décarbonation, automatisation… " Dans ce cadre, deux secteurs se détachent : la santé et la tech, qui concentrent environ 75 % des capitaux investis en private equity.
La santé, en particulier, est un secteur non cyclique "indispensable", fait valoir Nicolas Brugère. EQT y revendique une expertise solide, avec 110 professionnels dédiés au sein du groupe. Des biotechs aux medtechs, en passant par les services pharma, le fonds intervient à tous les stades de maturité, notamment via son fonds EQT Life Science - le plus important d’Europe dans sa catégorie. En France, le laboratoire d’analyses médicales CERBA Healthcare illustre cette stratégie, tout comme la maison de retraite Colisée, même si cette opération s’est avérée plus complexe. La medtech reste dans le radar d’EQT, qui se dit attentif à l’émergence d’acteurs innovants, y compris sur des dossiers plus risqués portés par ses équipes de capital-innovation.
Dans la tech, EQT investit massivement dans les logiciels. Son portefeuille comprend notamment ThinkProject (logiciels pour la construction) et, désormais, Believe. Le secteur musical, que le fonds connaît bien grâce à d’autres participations comme Epidemic Sound, lui offre une illustration concrète de sa méthode : allier expertise sectorielle et proximité locale. " Nous avons suivi Believe depuis 2019. C’est une entreprise qui croit plus vite que son marché, qui a su investir dans la technologie et comprendre les enjeux de la donnée dans l’univers musical. "
Des deals d’envergure
Aux côtés de Believe, d’autres opérations emblématiques soulignent la capacité d’EQT à s’imposer sur le segment large cap. Dans l’infrastructure, le fonds est récemment intervenu sur Waga Energy (biométhane) et sur l’acquisition des stations terrestres d’Eutelsat, après avoir repris en 2018 le contrôle de La Saur, alors en difficulté. Dans la santé, l’investissement dans Cerba en 2021 reste une référence. Le capital-risque n’est pas en reste, avec une entrée dès la série B dans le projet Verkor – gigafactory française de batteries – aux côtés de Renault.
Le tout dans un contexte de marché exigeant. " L’environnement est plus complexe, mais nous restons actifs. Nos performances de sortie sont solides. Sur les douze derniers mois, EQT a cédé pour 20 milliards d’euros d’actifs, soit autant qu’il en a acquis ", note Nicolas Brugere, en insistant sur l’attention portée à la qualité des actifs, condition-clé de la liquidité.
Une ambition affirmée dans l’Hexagone
Et la suite ? De taille encore modeste dans l’organigramme d’EQT, le bureau parisien entend franchir un cap. De nouveaux bureaux plus grands devraient voir le jour dès 2026, pour accompagner sa dynamique d’expansion. " On continue de recruter, et d’avoir de grandes ambitions sur le marché français ", confirme son responsable. Avec un objectif clair : dénicher d’autres pépites comme Believe. " Soutenir des sociétés dans des secteurs attractifs, les aider à accélérer leur croissance en France et à l’international. C’est tout le sens de notre stratégie. "
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