WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Safran / Olivier Andriès

Entreprises / Actions
Safran / Olivier Andriès

Safran, la force tranquille du CAC 40 / Résultats records et intégration stratégique de Collins Aerospace

Porté par des résultats semestriels solides, Safran relève ses objectifs pour 2025. La montée en puissance du moteur LEAP, la vigueur de l’après-vente et l’intégration stratégique de Collins Aerospace renforcent la trajectoire d’un groupe devenu l’un des plus puissants créateurs de valeur du CAC 40.
Olivier Andriès, le directeur général de Safran (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)
Olivier Andriès, le directeur général de Safran (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)

Cela ne vient pas forcément à l’esprit : Safran, l’un des plus grands groupes industriels français, figure aussi parmi les entreprises les plus créatrices de valeur du CAC 40. Depuis janvier, son titre a progressé de 37 %, et sur trois ans, il affiche une envolée de 171 %, meilleure performance de l’indice phare. Le groupe affiche désormais une capitalisation de 123 milliards d’euros, sixième plus importante de la place parisienne.

Ce jeudi, l’action du motoriste et équipementier aéronautique a d’ailleurs inscrit un nouveau record à 290 euros, en hausse de 3,3 %, dans le sillage de la publication de ses résultats du deuxième trimestre.

Et les investisseurs ne s’y trompent pas. Safran a relevé ses objectifs pour 2025, après avoir enregistré, comme l’a souligné son directeur général Olivier Andriès, "une marge opérationnelle record et une génération de cash-flow libre sans précédent".

 

Croissance à deux chiffres et relèvement des objectifs

 

Cette marge s’est élevée à 17,0 % du chiffre d’affaires, en progression de 1,9 point sur un an (contre 15,1 % au premier semestre 2024), tandis que le cash-flow libre atteint 1,834 milliard d’euros, contre 1,5 milliard un an plus tôt.

Des indicateurs solides, portés par une activité bien orientée : le chiffre d’affaires ajusté s’établit à 14,8 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année, soit une croissance organique de 13,2 % par rapport à la même période de 2024.

Rien de réellement surprenant. Safran bénéficie pleinement des grandes tendances à l’œuvre dans l’aéronautique civile comme dans la défense, deux segments dont les perspectives "ont été confirmées lors du Salon du Bourget", a rappelé jeudi Olivier Andriès.

Si les perspectives du secteur de la défense restent solidement soutenues par le contexte géopolitique international, c’est bien l’aéronautique civile qui, sur ce premier semestre, s’affirme comme le principal moteur de croissance.

 

La propulsion confirme son rôle moteur

 

Cela se reflète dans l’activité particulièrement dynamique de la division Propulsion, dont les ventes ont progressé de 16,9 %, à 7,5 milliards d’euros. Une hausse portée notamment par la forte demande en pièces de rechange pour moteurs civils (+21,6 % en dollars), en particulier sur le CFM56, moteur emblématique du groupe. Mais c’est le LEAP, son successeur de nouvelle génération, qui monte en puissance et contribue de manière croissante à la rentabilité.

Le groupe a amorcé au premier semestre la reconnaissance du bénéfice sur les contrats dits RPFH (Rate Per Flight Hour) liés au LEAP-1A. Ces contrats, qui prévoient un paiement à l’heure de vol en échange de la maintenance complète des moteurs, génèrent du chiffre d’affaires dès leur mise en œuvre. Mais Safran ne comptabilisait jusqu’ici aucune marge, faute de recul suffisant sur les coûts futurs.

 

Le LEAP franchit un cap dans sa rentabilité

 

Le fait de pouvoir désormais enregistrer un bénéfice traduit une meilleure maîtrise des paramètres opérationnels et financiers de ces contrats, et marque une étape clé dans la montée en puissance du LEAP. Parallèlement, les services associés progressent eux aussi de 21,1 % en dollars.

Ce modèle économique s’appuie également sur la vente de moteurs de rechange, commercialisés à plein tarif, qui permettent aux compagnies aériennes de limiter les interruptions de service. Une activité à forte marge.

Les deux autres divisions du groupe affichent également une progression solide. L’activité Aircraft Interiors, qui regroupe les sièges, cabines et équipements, enregistre une croissance de 15,5 %, portée par l’après-vente (+17,3 %), notamment sur les pièces détachées, et par l’augmentation des livraisons en classe affaires. La branche Équipements & Défense progresse de 8 %, soutenue par les systèmes d’atterrissage et les capteurs optroniques.

 

Collins Aerospace, un atout stratégique

 

À cette trajectoire s’ajoute un levier stratégique de long terme : l’intégration des activités d’actionnement et de commandes de vol acquises à Collins Aerospace pour 1,8 milliard de dollars. Finalisée fin juillet, l’opération sera consolidée à compter du 1er août au sein de la division Electronics & Defense. Cette entité, qui a généré 1,55 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2024, positionne Safran comme un acteur de premier plan dans les systèmes critiques de commandes de vol.

Au-delà des synergies industrielles et commerciales - estimées à 50 millions de dollars par an d’ici 2028 - cette acquisition confère au groupe un avantage technologique décisif dans la perspective des futurs programmes aéronautiques. Elle lui permet de couvrir l’ensemble du spectre des technologies d’actionnement, du classique hydraulique aux solutions électrifiées de nouvelle génération. Un savoir-faire élargi, stratégique pour répondre aux attentes croissantes des avionneurs en matière d’efficacité énergétique et de décarbonation.

Une intégration qui devrait contribuer, sans nul doute, à prolonger la dynamique de création de valeur de Safran.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article