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Macro-économie / Taux

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Taux d’intérêt : Donald Trump aboie, la Fed passe / Des dissensions commencent toutefois à naître entre banquiers centraux

Le ralentissement économique des États-Unis et la pression toujours plus insistante de leur président Donald Trump ne suffisent pas à convaincre la Banque centrale de normaliser sa politique monétaire. À date, l’état du marché du travail et de l’inflation ne le justifierait pas selon la (quasi) intégralité du Comité de politique monétaire (FOMC).
Donald Trump, président des Etats-Unis, et Jerome Powell, président de la Fed - ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
Donald Trump, président des Etats-Unis, et Jerome Powell, président de la Fed - ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Donald Trump devra ronger son frein au moins jusqu’à la fin de l’été pour observer une baisse des taux de la Fed. Hier, à l’image de chacune de l’ensemble des réunions de son Comité de politique monétaire (FOMC) tenues cette année, l’institution de Washington a choisi de ne pas réviser le niveau de son taux d’intérêt directeur. Il va ainsi continuer d’évoluer dans une fourchette comprise entre 4,25 % et 4,50 %.

La décision de ne pas baisser les taux s’appuie sur un constat simple, mais ferme : l’économie américaine reste suffisamment robuste pour justifier une politique restrictive, estime la Fed. Lors de sa conférence de presse, son président Jerome Powell a souligné que l’inflation, bien qu’en repli par rapport à ses pics de 2022-2023, demeurait légèrement au-dessus de la cible de 2 %. Une situation aggravée récemment par la hausse des droits de douane sur certains produits importés, dont les effets commencent à se faire sentir sur les prix à la consommation. "Même en excluant les effets des tarifs douaniers, nous estimons que l’inflation reste au-dessus de notre objectif", a déclaré le banquier central, ajoutant que les entreprises sondées indiquent vouloir répercuter ces coûts sur les consommateurs dans les mois à venir.

Autre pilier de la position actuelle : le marché du travail. Avec un chômage toujours autour de 4,1 % et des créations d’emplois solides, la Fed considère que le plein emploi est atteint - voire dépassé selon certains indicateurs. "Quand l’inflation est au-dessus de la cible et que le marché du travail est équilibré, cela appelle à une politique modérément restrictive", a résumé Jerome Powell.

Certes, l’économie montre des signes de ralentissement. En moyenne, le Produit intérieur brut (PIB) n’a progressé "que" de 1,2 % au premier semestre, bien en deçà des rythmes de croissance observés en 2024. La consommation ralentit, notamment chez les ménages à revenu moyen et élevé, tandis que les secteurs sensibles aux taux d’intérêt (immobilier, investissements d’entreprise) peinent à repartir. Pourtant, la Fed juge que ces fragilités ne justifient pas encore un changement de cap.

Reste que, l’unanimité n’était pas au rendez-vous autour de la table du FOMC. Deux membres, Christopher Waller et Michelle Bowman, sur onze ont voté en faveur d’une baisse d’un quart de point dès cette réunion de juillet, un événement plutôt rare. "Ce que vous attendez de chaque membre du FOMC, c’est une réflexion claire et des arguments cohérents et c’est exactement ce que nous avons eu", a tenu à souligner Jerome Powell.

La décision de juillet s’accompagne toutefois d’un message volontairement ouvert concernant la suite : la Fed ne s’interdit pas d’agir en septembre. Jerome Powell a confirmé que des publications majeures sont attendues d’ici là : deux rapports sur l’inflation et deux sur l’emploi. Leur contenu pourrait peser lourd dans la balance. "Nous n’avons pris aucune décision concernant septembre. Nous surveillerons toutes les données entrantes, comme nous le faisons à chaque cycle, et nous déciderons en fonction de ce que nous observons ", a-t-il affirmé.

D’après les marchés à terme, une diminution du taux d’intérêt directeur aurait une probabilité de 45,2 % de se produire à l’issue de la réunion des 16 et 17 septembre, peut-on calculer grâce à CME FedWatch Tool.

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