WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux

Macro-économie / Taux

Le FMI révise à la hausse sa prévision de croissance mondiale pour 2025 / C'est purement artificiel

Dans ses dernières prévisions, l’institution de Washington revoit légèrement à la hausse la croissance mondiale pour 2025, portée par une accélération temporaire des échanges commerciaux et des conditions financières plus souples. Mais l’institution alerte sur un ralentissement structurel dès 2026, sur fond de tensions tarifaires persistantes et de déséquilibres mondiaux croissants.
Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du Fonds monétaire international - Oliver Contreras / AFP
Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du Fonds monétaire international - Oliver Contreras / AFP

Un répit fragile dans un contexte économique toujours incertain. Dans son dernier rapport, le Fonds monétaire international (FMI) annonce une légère révision à la hausse de ses prévisions de croissance mondiale. L’économie planétaire devrait progresser de 3 % en 2025, puis de 3,1 % en 2026, soit respectivement 0,2 point et 0,1 point de plus que prévu précédemment. Ces chiffres restent inférieurs aux 3,3 % attendus en 2024, et bien en dessous de la moyenne prépandémique de 3,7 %. Le FMI souligne que, malgré cette amélioration modeste, la croissance repose sur des facteurs transitoires et que les fondamentaux demeurent fragiles.

Le principal moteur de cette révision est lié à un phénomène de "front-loading". Face à l’incertitude persistante sur les politiques tarifaires, de nombreuses entreprises ont accéléré leurs exportations, notamment vers les États-Unis, afin d’éviter d’éventuelles hausses de droits de douane. Cette stratégie a artificiellement renforcé l’activité au cours des derniers trimestres, mais ses effets devraient s’estomper à partir de la fin de l’année. "Il ne faut pas s’y tromper : les tensions commerciales sont loin d’être derrière nous, et une partie de la croissance actuelle est simplement anticipée, non durable", a déclaré Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du FMI.

Aux États-Unis, la croissance est désormais attendue à 1,9 % en 2025, légèrement au-dessus des prévisions d’avril. La révision s’explique par des conditions financières plus favorables et une baisse plus marquée des tarifs douaniers que prévu. En 2026, la croissance américaine pourrait atteindre 2,0 %, en partie grâce à l’impact de la loi budgétaire OBBBA, qui offre des incitations fiscales aux entreprises pour stimuler l’investissement. Le FMI estime que ce programme pourrait rehausser la production américaine de 0,5 % d’ici 2030 par rapport à un scénario sans soutien budgétaire.

La zone euro bénéficierait aussi d’une légère embellie, avec une croissance portée à 1,0 % en 2025, contre 0,8 % prévu en avril. Cependant, cette amélioration repose essentiellement sur la performance exceptionnelle de l’Irlande, dont les exportations pharmaceutiques ont fortement augmenté grâce à l’ouverture de nouvelles usines. Excluant l’effet irlandais, la révision serait limitée à 0,1 point. Pour 2026, le FMI maintient une prévision modérée de 1,2 %, avec une croissance revenant à son potentiel.

En Chine, la croissance est réévaluée à la hausse à 4,8 % en 2025, soit 0,8 point de plus qu’anticipé précédemment. Cette correction s’explique par une activité plus forte qu’attendu au premier semestre et une réduction significative des droits de douane entre la Chine et les États-Unis. En 2026, la croissance chinoise devrait s’établir à 4,2 %, également soutenue par cet apaisement commercial.

L’Inde confirme sa position de locomotive parmi les grandes économies, avec une croissance attendue de 6,4 % en 2025 comme en 2026. Le FMI souligne que le pays bénéficie d’un environnement externe plus favorable qu’envisagé au printemps, ce qui justifie cette légère révision positive.

Dans les autres régions, la dynamique est plus contrastée. Le Moyen-Orient et l’Asie centrale devraient connaître une légère accélération de leur croissance à 3,4 % en 2025, tandis que l’Afrique subsaharienne resterait stable à 4,0 %, avant une progression modérée en 2026. L’Amérique latine ralentirait à 2,2 % en 2025, puis remonterait à 2,4 % l’année suivante. En Europe émergente, la croissance resterait faible, autour de 1,8 % en 2025 et 2,2 % en 2026.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article