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Macro-économie / Taux

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Guerre commerciale : enfin la paix entre l’Union européenne et les États-Unis ? / Les détails de l’accord qui ont été dévoilés

L’Union européenne et les États-Unis ont annoncé ce dimanche la conclusion d’un accord commercial à l’issue d’une rencontre entre Donald Trump, président des États-Unis et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Les deux puissances économiques en ont dévoilé les grandes lignes et certains points restent à éclaircir.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne et Donald Trump, président des Etats-Unis - Brendan SMIALOWSKI / AFP
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne et Donald Trump, président des Etats-Unis - Brendan SMIALOWSKI / AFP

Ils y seront parvenus avant le 1er août. L’Union européenne (UE) et les États-Unis ont indiqué avoir trouvé un accord commercial avant la date butoir qui aurait vu les importations américaines en provenance du Vieux Continent être frappées d’une taxe à hauteur de 30 %, contre en moyenne 10 % depuis plusieurs mois. L’accord prévoit l’instauration d’un taux unique de 15 % sur la plupart des exportations européennes vers les États-Unis, un niveau qui inclut les taxes existantes. Ce taux concerne notamment les secteurs de l’automobile (contre 27,5 % aujourd’hui), des semi-conducteurs et de la pharmacie. D’après Bruegel, le droit de douane moyen affectant les importations états-uniennes de produits de l’UE atteignait 1,5 % avant le second mandat de Donald Trump.

Une liste de produits stratégiques bénéficiera d’un régime d’exemption tarifaire réciproque, dit "zéro pour zéro". Sont concernés : les aéronefs et leurs composants, certains produits chimiques, des médicaments génériques, des équipements pour semi-conducteurs, des produits agricoles spécifiques, ainsi que certaines ressources naturelles et matières premières critiques, a indiqué Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

Cette liste pourrait être élargie à l’avenir. Des discussions restent en cours sur d’autres catégories, notamment les boissons alcoolisées.

Par ailleurs, l’Union européenne s’est engagée à acheter 750 milliards de dollars d’énergie américaine sur trois ans, incluant du gaz naturel liquéfié, du pétrole et des combustibles nucléaires. Cette mesure vise à diversifier les sources d’approvisionnement énergétique des pays européens.

L’accord prévoit également des investissements européens supplémentaires aux États-Unis à hauteur de 600 milliards de dollars. Pour mémoire, en 2024, d’après les données publiées par le département du commerce américain, le stock d’investissements directs de l’Union européenne chez l’Oncle Sam s’élevait à 2477 milliards de dollars, en progression de plus de 5 % sur un an.

L’un des autres points à éclaircir concerne l’aluminium et l’acier. L’Union européenne affirme qu’un compromis a été trouvé prévoyant une réduction des tarifs et l’introduction d’un système de quotas à propos de l’acier. Les autorités américaines n’ont pas encore confirmé cette interprétation. Pour mémoire, le droit de douane actuel est de 50 % sur l’ensemble des importations d’acier des États-Unis. Ursula von der Leyen a évoqué la volonté des deux parties de travailler ensemble pour faire face à la surcapacité mondiale dans ces secteurs et garantir une concurrence équitable.

Les réactions à cet accord au sein de l’Union européenne sont nuancées. Si plusieurs dirigeants saluent un compromis qui évite un conflit commercial ouvert, d’autres expriment des réserves quant au contenu et aux concessions faites. Le chancelier allemand Friedrich Merz a reconnu que l’accord permettait d’"éviter une escalade inutile dans les relations commerciales transatlantiques", mais a regretté qu’il n’aille pas plus loin en matière d’allègements tarifaires. Il a estimé que les négociateurs européens auraient pu obtenir davantage, notamment pour les secteurs industriels allemands fortement exportateurs.

La fédération allemande de l’industrie chimique (VCI) a adopté une position pragmatique, déclarant : "Quand on s’attend à un ouragan, on se réjouit d’une simple tempête." De son côté, la Fédération allemande de l’industrie (BDI) a exprimé ses préoccupations face aux "répercussions négatives considérables" que pourrait entraîner le maintien d’un tarif de 15 %, notamment pour les filières exposées à la concurrence internationale.

La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a adopté un ton plus conciliant. Dans un communiqué commun avec ses vice-Premiers ministres Antonio Tajani et Matteo Salvini, elle a salué un accord "qui évite une guerre commerciale au sein de l’Occident avec des conséquences imprévisibles".

"Cet accord est déséquilibré et doit nous inciter à continuer à travailler au rééquilibrage commercial entre l’Europe et les États-Unis. Le soulagement, c’est la sortie de l’incertitude que permet cet accord, mais ce n’est pas la fin de l’histoire", a réagi pour sa part Marc Ferracci, ministre de l’Industrie et de l’Énergie de la France.

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