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Edenred surprend (enfin) les marchés / Une croissance à deux chiffres et des objectifs 2025 confirmés malgré des vents contraires

Porté par une croissance à deux chiffres, grâce à la vigueur de l’Amérique latine et le dynamisme de son activité Mobilité, le spécialiste des solutions de paiement signe un premier semestre solide, avec un Ebitda en forte hausse et une marge en amélioration. Si en Europe, la croissance reste timide, Edenred confirme ses objectifs pour 2025, malgré les vents contraires réglementaires en Italie. Et pour la première fois depuis plusieurs trimestres, la Bourse salue la performance.
Edenred (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas via AFP)
Edenred (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas via AFP)

Une fois n’est pas coutume, Edenred n’a pas vu ce mercredi matin son titre plonger en Bourse à la suite de la publication de ses performances financières. Mieux, après un tout début de journée morose, le cours a progressivement rebondi pour s’établir à 2,42 % en fin de matinée. Il faut dire que dans un contexte économique incertain, le spécialiste des solutions de paiements a délivré une copie plus qu’honorable au premier semestre, preuve de la résilience de son modèle. Des performances jugées même très satisfaisantes pour son président-directeur général, Bertrand Dumazy.

De fait, les indicateurs financiers sont solides. Le chiffre d’affaires opérationnel ressort à 1,339 milliard d’euros, en progression de 7,1 % sur un an à périmètre et taux de change constants (+ 5,3 % en publié). En y ajoutant les autres revenus, le chiffre d’affaires total atteint 1,451 milliard d’euros, soit une croissance organique de 6,4 % (+ 4 % en publié).

 

Une performance portée par l’international

 

L’EBITDA, indicateur clé de la performance opérationnelle, s’élève à 654 millions d’euros, en hausse de 14,4 % sur un an en organique, faisant progresser sa marge de 2,3 points pour atteindre 45,1 %, signe d’une amélioration continue de la productivité et de l’effet de levier du modèle digital de la plateforme. Le résultat net ajusté part du groupe ressort quant à lui à 279 millions d’euros, soit une progression de 7,4 % par action, malgré une hausse de la fiscalité et des charges financières. Quant à la marge brute d’autofinancement (FFO), elle grimpe de 17 %, à 468 millions d’euros.

Néanmoins, ce semestre, le moteur de croissance est à chercher clairement hors d’Europe, alors même que le Vieux Continent représente 61 % du chiffre d’affaires opérationnel du groupe. En Amérique latine, la croissance est à deux chiffres (+ 15,1 % en organique), avec un Brésil très dynamique (+ 17 % au deuxième trimestre), tout comme le Mexique. Le reste du monde - notamment l’Australie, les Émirats arabes unis et la Turquie - affiche une croissance tout aussi vigoureuse (+ 16,6 %), soutenue par l’essor des solutions RH de Reward Gateway.

À l’inverse, l’Europe a peiné à suivre, avec une croissance organique de seulement 1,7 % sur un an. La région a enregistré un rebond modeste au deuxième trimestre (+ 2,2 %, après -0,9 % au premier), mais la tendance reste hétérogène. En France, qui représente 14 % du chiffre d’affaires d’Edenred, l’activité stagne, affectée par un recul des ventes aux comités d’entreprise.

Côté métiers aussi, la dynamique évolue. La division Avantages aux salariés, qui constitue encore 65 % du chiffre d’affaires opérationnel, a connu un début d’année timide avant un rebond notable au deuxième trimestre (+ 8,7 % en organique). En revanche, la Mobilité gagne 10,9 % sur un an, portée par le succès de la stratégie Beyond Fuel. À l’inverse, les activités dites "complémentaires" - cartes cadeaux, récompenses, programmes d’engagement - reculent de 7,6 %, grevées par plusieurs facteurs : la sortie planifiée de l’activité Banking-as-a-Service, une performance en retrait d’Edenred Pay North America (ex-CSI), la fin, pour l’instant, d’un programme social en Roumanie et une baisse de parts de marché sur un programme public au Chili. Le groupe assure toutefois avoir mis en place des plans d’action ciblés pour redresser la situation, notamment en Amérique du Nord.

 

Un impact réglementaire en Italie anticipé

 

Et Edenred reste confiant. Le groupe a confirmé ses objectifs 2025, qui prévoient une croissance organique d’au moins 10 % de l’Ebitda cette année (soit un minimum de 1,34 milliard d’euros), et un taux de conversion cash supérieur à 70 %. Un cap maintenu malgré l’impact réglementaire attendu en Italie, où le plafonnement des commissions marchands imposé par le gouvernement à compter de juillet devrait réduire l’Ebitda annuel d’environ 60 millions d’euros.

Pour mémoire, en France aussi, une réforme sur les titres-restaurant se prépare. Après des mois de concertations, elle a été dévoilée en juin dernier par Bercy. Une première étape pour Edenred qui compte sur cette réforme pour redonner de la confiance aux investisseurs.

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