Macro-économie / Taux
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Bercy confie un nouveau rapport à Christian Noyer / Il va co-présider une task-force franco-allemande sur le financement des firmes en croissance
La France et l’Allemagne veulent profiter du potentiel des scale-ups. Éric Lombard, ministre français de l’Économie, et Lars Klingbeil, vice-chancelier et ministre fédéral des Finances d’Allemagne, viennent de lancer FIVE (Financing Innovative Ventures in Europe), une initiative bilatérale inédite pour renforcer le financement des entreprises innovantes en Europe.
"Aujourd’hui, la France et l’Allemagne prennent leurs responsabilités. Nous voulons accélérer les progrès sur le financement des entreprises innovantes afin qu’elles puissent grandir sans quitter l’Europe", a déclaré Éric Lombard. "Les créateurs d’entreprises sont un moteur de la croissance future. Nous voulons créer un environnement dans lequel les entreprises innovantes peuvent devenir des champions mondiaux. Cela génère de nouveaux emplois et façonne notre force d’innovation et notre savoir-faire dans l’UE", a indiqué de son côté Lars Klingbeil.
Face à ce constat, la France et l’Allemagne annoncent la création d’une task-force conjointe, co-présidée par Christian Noyer, gouverneur honoraire de la Banque de France, et Jörg Kukies, ancien ministre des Finances en Allemagne. Leur mission : produire d’ici fin 2025 un rapport assorti de recommandations opérationnelles pour renforcer l’accès au financement de croissance. "Ce rapport reposera sur l’expertise technique de l’ensemble de l’écosystème financier européen, y compris les investisseurs, entrepreneurs et régulateurs", explique Bercy.
Les scale-ups - des entreprises qui ont dépassé la phase de démarrage et connaissent une croissance annuelle de plus de 20 % pendant trois années consécutives - sont confrontées à un manque criant de financements dans les phases de croissance avancée. En Europe, d’après la Banque de France, en 2021, la proportion d’investisseurs européens atteignait en moyenne 53 % dans les tours de table entre 10 et 50 millions d’euros, 36 % lors des tours de table de 50 à 100 millions d’euros, puis 24 % pour ceux supérieurs à 100 millions d’euros.
"Si cette contribution d’investisseurs non-européens et, le plus souvent, américains, a des aspects positifs en ce qu’elle permet l’élargissement des opportunités de financement des entreprises européennes, elle conduit fréquemment à un déplacement progressif du centre de gravité des entreprises européennes ainsi financées vers les Etats-Unis, aboutissant dans certains cas à un transfert de siège social outre-Atlantique, puis à une introduction en Bourse sur le NYSE ou le NASDAQ plutôt qu’en Europe", pouvait-on lire dans le rapport de Christian Noyer sur l’Union des marchés de capitaux dévoilé au printemps 2024. "Certaines start-ups françaises à fort potentiel ont pu faire le choix ces dernières années de s’établir aux Etats-Unis : Algolia (SaaS), Dataiku (analyse de données), Datadog (monitoring d’infrastructures cloud), Kiriba (gestion de trésorerie), Beyond aerospace (avion à hydrogène). Ce phénomène peut aussi s’observer dans le reste de l’Union européenne", était-il indiqué.
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