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Macro-économie / Taux

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La France renoue avec les excédents extérieurs / Un phénomène lié à trois causes

En 2024, le solde des échanges de biens, services et revenus de l’Hexagone (balance des transactions courantes) avec le reste du monde s’est établi en territoire positif à hauteur de 2,7 milliards d’euros, après un déficit de près de 30 milliards d’euros en 2023. La diminution de la facture énergétique ne suffit pas à expliquer cette embellie.
STEPHANE COMPOINT / ONLY FRANCE / Only France via AFP
STEPHANE COMPOINT / ONLY FRANCE / Only France via AFP

Les performances de la France à l’export affichent un visage plus présentable. D’après les données publiées par la Banque de France, le solde des transactions courantes de l’Hexagone (échanges de biens, services et revenus avec le reste du monde) a enregistré un excédent de 2,7 milliards d’euros en 2024. En 2023, un déficit de 29,4 milliards d’euros avait dû être déploré. Pour mémoire, depuis 2013, le solde des transactions courantes de la France n’a affiché un excédent qu’à deux reprises (2019 et 2021).

Du côté du solde commercial, le déficit s’est résorbé de 18,3 milliards d’euros à 60 milliards d’euros aidé par un allègement de la facture énergétique (en recul de 12,7 milliards d’euros). À noter que le déficit sur les échanges de biens non-énergétiques s’est aussi réduit. Il atteint 7,2 milliards d’euros, après 12,8 milliards d’euros en 2023. "Une analyse plus détaillée met en évidence une diminution du déficit des autres produits industriels de 10,5 milliards d’euros, qui atteint – 16,7 milliards, grâce à une dynamique favorable des secteurs pharmaceutique et métallurgique", explique la Banque de France. Globalement, la balance commerciale des biens reste largement déficitaire pour la France, aussi bien au sein de l’Union européenne qu’avec le reste du monde. Le déficit s’élève à 18,6 milliards d’euros vis-à-vis de ses partenaires européens, tandis qu’il atteint 41,4 milliards d’euros avec les pays tiers, accentuant ainsi le déséquilibre général des échanges de biens.

La dernière cause est à chercher du côté du secteur des services. Son excédent ressort à 56,5 milliards d’euros, soit une progression de 43 % sur un an. "Au sein des échanges de services, les soldes des services de transport et de voyages s’améliorent légèrement, après avoir connu une forte volatilité ces dernières années. L’excédent des transports progresse ainsi de 1,9 milliard d’euros pour atteindre 4,7 milliards, et l’excédent des voyages augmente de 1,8 milliard pour s’établir à 15,9 milliards ", rapporte l’institut d’émission.

En fait, ce sont les services hors transports et voyages qui expliquent l’essentiel de l’amélioration du solde des services. La Banque de France évoque des exportations dynamiques (+ 9 %, contre + 3,2 % pour les importations). "Avec un gain de 13,4 milliards d’euros, l’excédent des autres services atteint désormais 36,0 milliards. Cette progression est portée à la fois par les services aux entreprises, dont le solde augmente de 5,8 milliards, et les services d’assurance, qui s’améliorent de 6,5 milliards", peut-on lire dans le document de présentation de la balance des paiements.

Géographiquement, l’excédent des services atteint 50 milliards d’euros avec les pays hors Union européenne, en forte progression par rapport aux 40,6 milliards enregistrés en 2023. En revanche, les échanges avec les pays de l’UE ne génèrent qu’un excédent modeste de 6,6 milliards d’euros, après un déficit de 1,1 milliard l’an dernier. Les États-Unis demeurent le principal moteur de cet excédent, avec un solde positif quasi-stable de 17,2 milliards d’euros. Suivent le Royaume-Uni, avec 8,8 milliards, et la Chine, avec 6,2 milliards.

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