Macro-économie / Taux
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France : des droits de douane à l’impact mesuré mais différencié / On les sentirait passer dans l’industrie agroalimentaire
Sous les radars, les tensions commerciales réactivées frappent déjà certains secteurs clés de l’économie française. Selon les résultats d’une enquête conduite par la Banque de France, 6 % des entreprises interrogées indiquent subir un effet négatif sur leur volume d’activité, un chiffre qui monte à 8 % dans le secteur industriel, contre seulement 1 % dans le bâtiment, beaucoup moins concerné par l’export. Ce chiffre de 6 % ne correspond pas au nombre brut d’entreprises, mais à leur poids en valeur ajoutée : les entreprises impactées représentent 6 % de la valeur ajoutée totale des secteurs couverts par l’enquête.
Parmi les secteurs les plus exposés, l’industrie agroalimentaire, et en particulier la filière viticole, se distingue. Les entreprises de ce secteur déclarent un recul moyen de leur activité de 2,6 %, un effet cumulé de la hausse des droits de douane américains et d’une incertitude accrue dans les échanges. "C’est un impact en volume d’activité, estimé par les entreprises elles-mêmes, en comparaison à un scénario sans tensions commerciales", a précisé Olivier Garnier, directeur général des statistiques, des études et de l’international à la Banque de France, à l’occasion d’une conférence de presse.
Des baisses d’activité sont également notées dans la fabrication de matériel de transport (11 % des entreprises se disent affectées, avec un impact moyen de -0,6 %) ou encore dans les industries du bois, papier, imprimerie et l’industrie chimique.
La Banque de France souligne que ces effets sont en majorité indirects. Peu d’entreprises exportent directement vers les États-Unis, mais beaucoup sont touchées par des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, des hausses de coûts ou une concurrence accrue, notamment chinoise. "Les effets de transmission ne sont pas encore totalement visibles. De nombreuses commandes avaient été passées avant l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane", a rappelé Olivier Garnier.
Il a également été précisé que certaines entreprises ont probablement pris en compte les tensions commerciales avec la Chine, même si l’enquête portait principalement sur les mesures américaines. En termes macroéconomiques, ces effets sont cohérents avec les estimations précédentes de la Banque de France, qui tablait sur un impact de -0,4 % du PIB en cas de prolongation des tensions commerciales, dont les trois quarts sont dus aux effets d’incertitude.
Pour mémoire, à date, les importations américaines de marchandises en provenance de l’Union européenne (UE) sont taxées à hauteur de 25 % concernant l’automobile, à 50 % pour l’acier et l’aluminium, et à 10 % pèse sur environ 70 % des autres biens importés depuis l’UE.
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