Macro-économie / Taux
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Emmanuel Macron veut acter un reset stratégique avec le Royaume-Uni / Nucléaire, IA, armement… vers une reconvergence économique et industrielle ?
"La Manche ne doit pas s’élargir". C’est en ces mots que l’on décrit la visite d’État d’Emmanuel Macron au Royaume-Uni du côté de l’Élysée, première du genre depuis le Brexit pour un chef d’État européen. Conçue comme un jalon politique et économique majeur, cette séquence de trois jours — conclue par un sommet bilatéral avec le Premier ministre Keir Starmer — vise à concrétiser le "reset" des relations entre Londres et l’Union européenne, amorcé par le nouveau gouvernement britannique.
Au-delà des symboles — discours à Westminster, hommages croisés à Churchill et de Gaulle, dîner d’État à Windsor —, c’est bien l’économie qui structure l’agenda franco-britannique. À l’Élysée on évoque des "intérêts partagés" et des "re-convergences concrètes", sur des champs clés : nucléaire civil, intelligence artificielle, attractivité, coopération énergétique, défense industrielle.
Plus de 3 500 entreprises françaises sont implantées au Royaume-Uni, faisant de la France le deuxième employeur étranger outre-Manche. Malgré les turbulences du Brexit, les échanges commerciaux ont non seulement retrouvé, mais dépassé leur niveau d’avant 2016, selon l’Élysée. Dans ce contexte, la visite présidentielle entend redonner un souffle stratégique à cette relation bilatérale dense.
Le deuxième jour de la visite, une séquence consacrée à l’intelligence artificielle à l’Imperial College de Londres permettra de valoriser les coopérations scientifiques et entrepreneuriales en cours. L’Élysée évoque une volonté de renforcer les convergences technologiques dans l’IA, un secteur clé où les approches française et britannique partagent une vision commune : soutien public à la recherche, régulation équilibrée, et montée en puissance de champions nationaux. En soirée, un dîner économique à la City réunira des acteurs majeurs de la finance, de l’industrie et de l’énergie.
Autre dossier phare : le nucléaire civil. Deux projets emblématiques — Hinkley Point C et Sizewell C — structurent une collaboration industrielle de long terme. Le sommet devrait confirmer la centralité de ce pilier énergétique dans la transition bas carbone des deux pays.
Parmi les chantiers mentionnés, il y a aussi la participation du Royaume-Uni au programme européen SAFE (prêt européen à destination des États membres de l’UE souhaitant y souscrire qui leur permettraient de réaliser des achats en commun en matière de défense). L’Élysée rappelle que cette ouverture est désormais possible, à la suite de la conclusion d’un accord de sécurité et de défense entre l’Union européenne et le Royaume-Uni le 19 mai. "La discussion est engagée sur les paramètres de cette participation qui doivent respecter et le cœur du règlement c’est-à-dire l’objectif de préférence européenne qui est clairement consacré dans le règlement SAFE et puis d’autre part, de prévoir une juste contribution c’est le cas pour l’ensemble des programmes européens quand le Royaume-Uni a rejoint horizon Europe, il y a aussi une contribution à ce programme, eh bien il en ira de même pour SAFE", souligne-t-on au Château.
D’après une source du ministère de l’Économie et des Finances, la France réfléchit à contracter un emprunt auprès de la Commission européenne dans le cadre de ce programme. L’intérêt n’est pas financier, même si l’Union européenne s’endette à des conditions légèrement meilleures que la France, mais industriel, l’idée étant de participer à lutter contre la fragmentation de la BITD européenne en réalisant des achats en commun.
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