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exclusif QE3 une bombe à retardement inflationniste ?

EXCLUSIF. Le QE3 est une stratégie efficace pour stimuler l'offre et la demande de crédit hypothécaire. Mais en faisant gonfler le bilan de la Fed de 25 à 50%, il représente un danger inflationniste indéniable.
L'annonce de Bernanke vendredi dernier, qui a présenté un nouveau programme de rachats de titres hypothécaires en montants illimités, a considérablement soulagé les marchés. Ceux-ci craignaient en effet que la fin de l'opération Twist et des aides fiscales ("fiscal cliff") ne porte un coup d'arrêt à la timide reprise. Cette troisième vague d'assouplissement monétaire est pourtant fondamentalement différente des deux précédentes, selon l'économiste Véronique Riches-Flores. Les deux premiers programmes visaient à alléger les bilans bancaires et baisser le loyer de l'argent, tandis que ce QE3 ne s'intéresse qu'au premier objectif. Ce qui illustre les préoccupations persistantes du gouvernement et des autorités monétaires quant à la capacité du système bancaire à financer la reprise de l'activité. En achetant des MBS (titres hypothécaires), la Fed vise un assainissement plus profond des bilans des banques et témoigne des fragilités persistantes dans le secteur. Deuxième message envoyé par la Fed vendredi dernier: privilégier la repentification de la courbe des taux, en faisant monter ceux de long terme et baisser ceux de court terme, plutôt que de baisser les taux directeurs. En adoptant une nouvelle stratégie, elle reconnaît implicitement que les deux précédents programmes de loyer bon marché n'ont pas permis de relancer l'économie. Ce QE3 est une bonne nouvelle. D'une part parce que cette "repentification des taux" va permettre de stimuler la transformation bancaire et l'offre de crédit hypothécaire. Et en mettant fin à son opération twist après décembre (achats de titres de long terme contre vente de titres de court terme), la Fed indique que les conditions d'emprunt à long terme seront moins avantageuses et ainsi stimule la demande immédiate. Mais cette nouvelle stratégie n'est pas sans risque à long terme. Car ce dispositif devrait faire gonfler le bilan de la Fed de 480 milliards de dollars à environ 1000 milliards de dollars, soit un accroissement de 25% à 50% de ses actifs par rapport à ce qu'elle a déjà fait depuis le début de la crise financière de 2008. Entre 2008 et 2013, le bilan de la Fed devrait donc avoir été multiplié par quatre. Or cette évolution n'aura, selon Véronique Riches-Flores, aucune chance d'être corrigée une fois que la transmission de la politique monétaire sera rétablie. Alors que jusqu'ici, la Fed pouvait contrôler la situation grâce à son intervention sur les taux longs, elle ne le pourra désormais plus. "La politique de Ben Bernanke est donc une bombe à retardement inflationniste dont les effets ne tarderont pas à se manifester dès lors que les mécanisme de circulation monétaire fonctionneront à nouveau."
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