Macro-économie / Taux
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Marché du travail en mutation, protection sociale en question / Les attentes fortes d’une société en transition
Et si les piliers de la croissance économique de demain reposaient avant tout sur la sécurité sociale d’aujourd’hui ? C’est l’un des messages forts du dernier rapport de l’OCDE issu de la quatrième édition de l’enquête "Risques qui comptent" (Risks That Matter), menée fin 2024 auprès de plus de 27 000 citoyens de 27 pays. Un travail qui donne un aperçu des préoccupations économiques des ménages et de leurs attentes vis-à-vis des politiques sociales.
Deux mégatendances dominent les préoccupations : la transition numérique et le vieillissement démographique. Si les avancées technologiques promettent gains de productivité et nouvelles opportunités, elles suscitent aussi une certaine angoisse. En moyenne, un tiers des personnes interrogées redoutent de perdre leur emploi au profit de l’intelligence artificielle ou d’un travailleur sur plateforme. Fait notable, cette peur dépasse les clivages d’âge ou de niveau d’éducation.
En réponse, plus de 70 % des sondés appellent les pouvoirs publics à investir davantage dans la formation continue et l’enseignement supérieur, afin de doter les jeunes et les actifs des compétences adaptées au marché de demain.
Autre tendance majeure : le vieillissement de la population, qui inquiète 65 % des répondants. Pour y faire face, les citoyens misent avant tout sur l’inclusion économique : favoriser l’emploi des femmes, des groupes sous-représentés, l’automatisation efficiente, et le passage au temps plein pour les travailleurs à temps partiel. En revanche, les politiques de soutien à la natalité recueillent moins d’adhésion, seulement 43 % des personnes interrogées s’y disent favorables.
Au-delà de ces enjeux structurels, le rapport confirme une forte demande de renforcement de la protection sociale. Sept citoyens sur dix estiment que leur gouvernement devrait en faire plus pour garantir leur sécurité économique, un consensus qui traverse toutes les catégories de revenus et d’âge. Pourtant, dans un contexte de finances publiques tendues, l’efficacité des dispositifs existants est de plus en plus scrutée.
Nombre de citoyens font face à des démarches administratives complexes, des critères d’éligibilité peu clairs, ou des plateformes numériques peu accessibles. Si la moitié des usagers se tournent volontiers vers les outils digitaux, 40 % préfèrent encore le papier ou les guichets physiques, soulignant le besoin d’un accompagnement humain même à l’ère du tout numérique.
Enfin, la montée en puissance de l’intelligence artificielle dans les services sociaux divise. Seuls 40 % des répondants considèrent son usage bénéfique pour les usagers, et moins d’un tiers disent faire confiance aux autorités dans leur gestion des données collectées par ces technologies.
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