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Le projet de loi budgétaire de Donald Trump irrite définitivement Elon Musk / Les tensions se musclent entre les deux anciens alliés
Les relations de Donald Trump et Elon Musk tournent encore plus au vinaigre. Le président américain et le désormais ex-membre de son administration ont procédé à un certain nombre de passes d’armes publiques ces dernières semaines, depuis que ce dernier s’est montré ouvertement critique sur le projet de loi budgétaire du premier. Une "grande et belle loi", selon Donald Trump, adoptée de justesse mardi par le Sénat américain, qui devra désormais être examinée par la Chambre des représentants. Si le patron de Tesla et SpaceX a régulièrement pointé l’impact que ce texte pourrait avoir sur l’état des finances publiques des États-Unis, certaines économies qui y figurent pour l’heure ne semblent néanmoins pas être également à son goût. Et pour cause : elles concernent directement ses propres affaires, par exemple s’agissant des réductions des crédits d’impôts pour les véhicules électriques.
"Le dernier projet de loi du Sénat détruira des millions d’emplois en Amérique et causera un préjudice stratégique immense à notre pays ! C’est complètement fou et destructeur. Il accorde des aides aux industries du passé tout en portant gravement atteinte aux industries d’avenir", a tancé Elon Musk, sur X, dans la nuit de samedi à dimanche. Il prévoit en effet de mettre fin, plus rapidement que prévu, à un crédit d’impôt à la consommation de 7 500 dollars pour les véhicules électriques neufs et de 4 000 dollars pour les véhicules d’occasion. Autre point de divergence probable, bien que son issue ne soit pas encore actée : au début du mois de juin, Donald Trump a renforcé ses attaques à l’égard de la politique californienne prévoyant d’interdire la vente de voitures thermiques neuves en 2035.
" Elon Musk savait, bien avant de me soutenir aussi fortement dans ma candidature à la présidence, que j’étais fermement opposé à l’obligation d’utiliser des véhicules électriques. C’est ridicule, et cela a toujours été un élément majeur de ma campagne. Les voitures électriques sont une bonne chose, mais tout le monde ne devrait pas être obligé d’en posséder une", a annoncé Donald Trump hier, sur son réseau Truth Social, avant de s’en prendre plus personnellement à son ancien allié. "Elon Musk reçoit probablement plus de subventions que n’importe quel autre être humain dans l’histoire, et sans ces subventions, il devrait probablement fermer boutique et rentrer chez lui en Afrique du Sud. Plus de lancements de fusées, de satellites ou de production de voitures électriques, et notre pays économiserait une FORTUNE. Peut-être devrions-nous demander à DOGE (la structure pensée par Donald Trump pour sabrer dans les dépenses publiques, dont Elon Musk avait pris la tête avant de signer son plein retour chez Tesla, ndlr) d’examiner attentivement cette question ?", a poursuivi le président américain.
Elon Musk s’est défendu de ces propos, sur X de nouveau, en republiant un classement recensant les montants des subventions américaines perçues par des entreprises, établi par le site Good Jobs First. Il place, selon ses données, Tesla au quinzième rang, juste devant Stellantis, tandis que Boeing, Amazon et Intel rafleraient les trois premières places. Néanmoins, les marchés sont restés circonspects après les déclarations de Donald Trump, semblant ainsi estimer que le paysage réglementaire américain pourrait bel et bien venir perturber les performances financières de la firme. Mardi, dans la foulée, le titre Tesla a chuté de plus de 5 % à Wall Street au fil de la séance.
Il faut dire que retirer une incitation faite au consommateur américain pour l’achat de véhicules électriques ne devrait pas nécessairement faire les affaires du constructeur, déjà mal en point sur le plan commercial, du fait d’un manque de modernisation de sa gamme ou encore d’une image de marque aussi sérieusement abîmée par les prises de position politiques de son patron. Après une baisse enregistrée de 12 % de ses livraisons au premier trimestre, ces dernières ont poursuivi leur recul sur les trois derniers mois. Selon les chiffres publiés par Tesla ce mercredi, avec 384 122 véhicules livrés au deuxième trimestre, elles ont enregistré une diminution de 13,5 % sur un an. Un nouvel affaiblissement qui avait été anticipé par les analystes. Selon leurs estimations, compilées par Bloomberg, une grande partie d’entre eux s’attend d’ailleurs à ce que la firme enregistre une seconde baisse annuelle de ses ventes de véhicules.
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