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Macro-économie / Taux

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Europe : un énième appel à l’Union des marchés de capitaux lors d’une grand-messe de l’investissement / Enrico Letta réaffirme le besoin d’une véritable intégration financière

À l’occasion du World Investment Forum 2025 organisé par le géant européen de la gestion d’actifs Amundi, une table ronde, où intervenait notamment Enrico Letta, a martelé le besoin d’union en Europe sur tous les fronts. Cependant, l’ancien Premier ministre italien, dans la continuité de son rapport de 2024, a surtout insisté sur la nécessité d’une union des marchés financiers et de diminution des contraintes réglementaires.
Enrico Letta - Beate Oma Dahle / NTB / NTB via AFP
Enrico Letta - Beate Oma Dahle / NTB / NTB via AFP

Enfin s’unir jusqu’au bout. Un refrain européen que l’on entend depuis des années, et qui a été à nouveau entonné lors du World Investment Forum organisé par Amundi hier et aujourd’hui. Une table ronde a porté la voix de l’union plus que toutes les autres, composée d’Enrico Letta, président de l’Institut Jacques Delors et ancien Premier ministre de l’Italie, Cecilia Malmström ancienne commissaire européenne au Commerce, et Anders Fogh Rasmussen, ancien Premier ministre danois et ex-secrétaire général de l’OTAN.

Si les trois intervenants ont dans un premier temps appelé à l’union sur les sujets de la défense et de sécurité, au lendemain du sommet de l’OTAN, qui a vu les pays européens, sous la pression du président Trump, s’engager à y consacrer 5 % de leur Produit intérieur brut (PIB), c’est surtout la nécessité d’une union financière qui a été martelée : "Nous devons élargir notre concept de la sécurité européenne […] il faut aussi avoir une sécurité énergétique et avoir des marchés financiers forts", a expliqué Enrico Letta.

 

Mettre fin à la fragmentation

 

Si l’union réelle des marchés financiers européens est plaidée depuis des décennies, l’Italien a affirmé que l’Europe serait proche d’y arriver pour la première fois : "Aujourd’hui, nous avons compris que la fragmentation n’était pas sans conséquences. Nous perdons de l’argent, des capitaux, et des emplois à cause d’elle."

Surtout, en la présence de la date limite du 9 juillet pour négocier les droits de douane imposés par les États-Unis, Enrico Letta a rappelé que les grands accords et réformes de l’Union européenne adoptés dans les années 90 ont été poussés par des contraintes : "L’euro et l’intégration du marché ont tous deux été le fruit de calendriers très contraignants dans les années 1990. Nous devons adopter la même approche pour l’union de l’épargne et de l’investissement." En 1992, le traité de Maastricht avait en effet obligé les États membres à respecter un calendrier en trois étapes pour accéder à la monnaie unique. Cecilia Malmström a renchéri : "Nous savons ce que nous devons faire, nous le savons depuis des années et nous perdons tellement d’argent […] Croyons en l’Europe, nous avons un grand potentiel."

 

Les États-Unis en exemple

 

L’ancien Premier ministre italien a insisté notamment sur l’accès à l’investissement en Europe, toujours loin du niveau de fluidité établi outre-Atlantique : "Quand vous lancez une initiative financière aux États-Unis, vous disposez d’un passeport américain. En Europe, vous commencez seulement avec un passeport national." Il a illustré ici surtout la différence de traitement réglementaire entre les États-Unis et l’Union européenne en matière de finance et d’investissement. Une entreprise américaine bénéficie automatiquement d’un accès au marché national tout entier (les 50 États), grâce à un cadre réglementaire unique et une seule autorisation du régulateur fédéral.

En Europe, une entreprise qui veut proposer ses produits dans d’autres pays doit passer par des démarches administratives, fiscales ou juridiques supplémentaires, malgré la présence théorique du "marché unique". Dans l’Union européenne, d’après le Fonds monétaire international (FMI), les barrières non tarifaires agissent comme des droits de douane à hauteur de 45 % dans le secteur manufacturier et à 110 % dans les services.

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