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Macro-économie / Taux

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Finances publiques : Berlin veut faire parler la poudre / Investissements historiques, dettes massives et réarmement accéléré

À travers un plan budgétaire sans précédent présenté hier, le gouvernement ultra-rhénan acte un tournant stratégique : investir massivement pour moderniser le pays, sortir de la stagnation économique et renforcer sa sécurité. Un changement de cap majeur, mené tambour battant par la nouvelle coalition dirigée par Friedrich Merz.
Lars Klingbeil, ministre des Finances de l'Allemagne - Tobias SCHWARZ / AFP
Lars Klingbeil, ministre des Finances de l'Allemagne - Tobias SCHWARZ / AFP

À peine 49 jours après son arrivée au pouvoir, la coalition de Friedrich Merz trace une nouvelle route pour l’Allemagne : plus d’investissements, plus de dettes, et une promesse de modernisation rapide. Mardi, le cabinet fédéral allemand a approuvé le projet de budget 2025, le texte d’accompagnement législatif, ainsi que les grandes lignes financières jusqu’en 2029. Cette feuille de route budgétaire prévoit une transformation profonde de la politique économique de l’Allemagne. À peine 49 jours après son arrivée au pouvoir, la coalition de Friedrich Merz concrétise un virage majeur en rompant avec le dogme de l’orthodoxie budgétaire.

"Nous avons économisé pendant des années et cela a détruit le pays. Nous en voyons les conséquences partout : les écoles sont délabrées, les ponts ne tiennent plus debout, les routes sont en mauvais état, il n’y a pas assez d’argent pour notre armée", a déclaré le ministre des Finances Lars Klingbeil (SPD).

Pour corriger cela, Berlin prévoit des investissements historiques de 115,7 milliards d’euros en 2025 et 123,6 milliards en 2026, contre seulement 74,5 milliards en 2024. " Nous mettons en route ce dont nous avons besoin maintenant pour assurer une nouvelle force économique, moderniser notre pays et garantir la sécurité de la vie en Allemagne ", a résumé le ministre

Ce plan s’appuie sur un fonds spécial de 500 milliards d’euros pour l’infrastructure et la transition climatique, rendu possible par une révision de la Constitution assouplissant le "frein à l’endettement". Il englobe également 847 milliards d’euros de dette nouvelle jusqu’en 2029, répartis entre budget ordinaire (500 milliards) et fonds spéciaux.

En parallèle, le gouvernement entend mettre en œuvre des réformes structurelles : " Nous prendrons des mesures pour des procédures plus rapides, plus de main-d’œuvre qualifiée, des prix de l’énergie plus bas et moins de bureaucratie", a précisé Lars Klingbeil. Des mesures de soutien aux entreprises et aux consommateurs visent aussi à compenser les coûts élevés de l’énergie.

L’Allemagne veut aussi renforcer sa souveraineté militaire dans un contexte géopolitique incertain. Le projet prévoit de porter les dépenses de défense à 162 milliards d’euros en 2029, soit 3,5 % du Produit intérieur brut (PIB). "Nous devons être capables de dissuasion et de défense", a insisté Klingbeil, justifiant les investissements dans "la sécurité intérieure et extérieure".

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