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Macro-économie / Taux

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JOP 2024 : premières estimations sur le coût pour les finances publiques / La Cour des comptes chiffre la facture à six milliards d’euros

Selon une évaluation des Sages de la rue Cambon, les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 ont entraîné des dépenses d'organisation s'élevant à 2,77 milliards d'euros dont 1,4 milliard pour la sécurité, tandis que les dépenses liées aux infrastructures auraient atteint 3,19 milliards d'euros. Ces montants ne prétendent pas encore refléter l’ensemble des enseignements de l’événement, notamment en matière d’impact économique ou d’héritage territorial. Un rapport plus complet est attendu pour octobre 2025, suivi d’une évaluation dédiée à l’héritage en 2026.
Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes - Valentin Faivre / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes - Valentin Faivre / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Après l’effervescence des Jeux, place à la facture : combien ont réellement coûté les JO de Paris 2024 aux contribuables français ? La Cour des comptes apporte une première réponse dans une note d’étape publiée ce lundi. Engagée dès l’automne 2024, soit immédiatement après la clôture des Jeux, cette évaluation vise à informer les citoyens sur l’ampleur des moyens mobilisés par les finances publiques. Elle intervient alors que la France s’apprête déjà à relever un nouveau défi olympique avec l’accueil des Jeux d’hiver de 2030.

L’estimation globale, arrêtée au 31 mars 2025, s’élève à 5,96 milliards d’euros. Elle agrège les dépenses de l’État, des collectivités territoriales et de plusieurs opérateurs publics, qu’il s’agisse des coûts d’organisation directe ou des investissements dans les infrastructures. Cette somme ne prétend pas encore tirer tous les enseignements de l’événement, notamment sur le plan économique ou patrimonial. Un rapport plus complet est attendu pour octobre 2025, suivi d’une évaluation spécifique de l’héritage prévue en 2026.

Parmi les principaux postes de dépense, l’organisation elle-même des Jeux est évaluée à 2,77 milliards d’euros. Ce montant ne se limite pas au budget du comité d’organisation (Cojo), qui a fonctionné avec un financement privé à près de 94 %, pour un total de 4,48 milliards d’euros et un excédent prévisionnel de 26,8 millions. Les fonds publics alloués directement au Cojo restent limités : 286,9 millions d’euros, dont 224,1 millions consacrés à l’équilibre des Jeux paralympiques.

L’Etat a assumé une part majeure des coûts logistiques, à commencer par la sécurité. Dans un contexte de risque terroriste élevé et de pénurie d’agents privés, la mobilisation sécuritaire a représenté à elle seule 1,44 milliard d’euros, principalement portée par les ministères de l’Intérieur et des Armées. Ces dépenses incluent les primes versées aux forces de l’ordre (près de 315 millions d’euros) et la formation de nouveaux agents (78 millions).

Les transports ont constitué un autre poste majeur, pour un total de 570 millions d’euros. Ces crédits ont permis de renforcer l’offre ferroviaire et métropolitaine, avec une forte mobilisation de la RATP et de la SNCF, qui ont financé plus de la moitié de l’effort. D’autres dépenses liées à la santé publique, à la coordination interministérielle ou à l’appui logistique s’élèvent à 69 millions d’euros supplémentaires.

Par ailleurs, 421,7 millions d’euros ont été consacrés à la mobilisation populaire et au soutien à la haute performance des athlètes français. Cette enveloppe a servi à financer les dispositifs de préparation des délégations tricolores (80,3 millions) et à développer des actions de communication et de diffusion (341,4 millions), notamment via France Télévisions ou les collectivités locales.

Au-delà de l’organisation opérationnelle, les infrastructures ont représenté un investissement massif à hauteur de 3,19 milliards d’euros. Ce volet inclut les équipements sportifs, les aménagements urbains et les infrastructures de transport. Les collectivités territoriales ont financé près des trois quarts des sites de compétition et d’entraînement. En parallèle, des projets d’aménagement urbain liés aux villages olympique et paralympique ont mobilisé 839 millions d’euros, avec une participation dominante de l’État (près de 70 %).

S’agissant des transports, 595 millions d’euros ont été investis dans des travaux d’accélération ou de reprogrammation de projets existants – à l’image de la ligne 14 du métro ou du projet EOLE – pour les adapter au calendrier des Jeux. Ces surcoûts, estimés à 236 millions d’euros, sont directement imputables aux contraintes de livraison rapide imposées par l’événement.

Un point demeure incertain : le coût du plan "baignade" destiné à rendre la Seine propre pour accueillir des épreuves en eau libre. Les dépenses engagées dans ce cadre sont estimées entre 200 millions et 1 milliard d’euros, mais n’ont pas été intégrées à l’évaluation globale en raison de leur lien partiel avec des obligations environnementales européennes.

Si cette première estimation permet de mieux cerner l’ampleur des moyens engagés, elle suscite des critiques. Le comité d’organisation conteste le périmètre retenu, jugeant l’évaluation "disproportionnée" par rapport à la réalité de son propre budget. Le président du Cojo, Tony Estanguet, regrette également que les effets positifs – notamment économiques – n’aient pas été pris en compte dans cette première publication, qu’il considère comme prématurée et potentiellement source de confusion dans l’opinion publique.

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