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VusionGroup est à la barre pour naviguer dans l’environnement mondial actuel / Entre les Etats-Unis et la Chine, la vision reste claire

L’Amérique du Nord est devenue, en 2024, le premier marché du leader des solutions de digitalisation du commerce physique. Malgré les tensions commerciales à l’œuvre entre les États-Unis et le reste du monde, le groupe ne prévoit pas d’impact majeur de ces dernières sur ses clients, et donc sur ses prévisions de croissance annuelles. Ceci en raison de facteurs propres à son secteur d’activité. Des particularités sectorielles qui, pour d’autres raisons, n’ont pas encore poussé VusionGroup à accélérer son déploiement en Chine, bien que l’entreprise reste particulièrement vigilante à la concurrence nationale.
Assemblée générale du VusionGroup, crédits : VusionGroup
Assemblée générale du VusionGroup, crédits : VusionGroup

Les négociations commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne se poursuivent encore. Difficile, en l’état actuel des choses, de prédire quelles en seront leurs issues exactes. Mais pour VusionGroup, cela ne devrait rien changer à ses prévisions de croissance annuelles, tout comme en Amérique du Nord à moyen terme, une région devenue en 2024 son premier marché. L’objectif sera, d’ici à 2027, d’y avoir atteint entre 900 millions et 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Des objectifs reconfirmés par la direction de l'entreprise à l’occasion de son assemblée générale des actionnaires, s’étant tenue ce mardi.

Pour y parvenir, le leader des solutions de digitalisation du commerce physique peut pour l’heure s’appuyer sur 5 bureaux, répartis entre les États-Unis, le Canada et le Mexique et sur les 14 500 magasins comptés dans la région, où ses solutions sont installées ou avec qui des contrats de déploiement ont été signés. Le tout, notamment, à l’aide d’un partenaire de taille : le géant Walmart. Le groupe accélère donc en ce sens. Il va par exemple ouvrir un centre d’innovation à Bentonville, dans l’Arkansas, près du siège de Walmart, afin de pouvoir continuer à co-construire des solutions avec son client.

 

Deux raisons majeures

 

Un actionnaire de l'entreprise a toutefois souhaité interroger ses dirigeants sur les conséquences que les évolutions de l'environnement commercial mondial pourraient avoir sur les perspectives et les résultats financiers de VusionGroup. "À ce stade, l’impact des droits de douane ne nous pousse pas à changer notre guidance pour l’année, soit de réaliser 40 % de croissance au total. La première chose à savoir est que les clients américains qui étaient déjà engagés dans des déploiements, déterminants pour notre chiffre d’affaires de 2025, ne souhaitent pas les ralentir. Ils considèrent que la meilleure protection, dans un monde de plus en plus volatil sur le plan des droits de douane, et donc in fine sur les prix de vente, est l’automatisation et la digitalisation. Elles permettent de se protéger à long terme plutôt que d’attendre des jours meilleurs, qui viendront ou ne viendront pas", a expliqué le président-directeur général de VusionGroup, Thierry Gadou. La deuxième raison : cela aurait pu amener d’autres clients, pas encore engagés dans des déploiements et encore en phase de test, à se poser des questions. Mais pour l'heure, il semble qu’il n’en serait rien, a indiqué le patron de VusionGroup.

Des prévisions restant donc assurées. Pour autant, si les barrières douanières américaines rythment l’actualité depuis le "Liberation Day" de Donald Trump, d’autres menaces restent tout aussi réelles sur le plan du développement commercial. Et parmi elles, forcément, la concurrence chinoise. VusionGroup est le champion mondial dans son domaine, tant en termes de croissance, que de revenus ou de parts de marché. Mais son principal rival est une entreprise issue de l’Empire du milieu."Il y a une concurrence vivace, avec du dynamisme, c’est un secteur bataillé. La chance, que nous avons désormais, est que nos concurrents sont cotés et publient donc leurs chiffres", a observé Thierry Gadou. Il est vrai, néanmoins, que VusionGroup ne détaille pas particulièrement son activité ou sa stratégie en Chine. "On peut penser que les magasins y seront un jour plus connectés et que ce marché vous serait donc ouvert. N’y a-t-il pas un risque de laisser des acteurs chinois s’en emparer complètement ? Comme Huawei, cela leur donnerait par la suite une puissance commerciale extraordinaire", a pointé un actionnaire lors de la séance de questions.

"C’est une question qui dépasse largement le cas de VusionGroup. Vous avez cité le secteur des télécoms, l’exemple est aussi valable dans l’automobile", a reconnu Thierry Gadou, assurant être extrêmement vigilant à ce sujet. "Ce qui me frappe dans les chiffres de notre concurrent chinois, est celui dérisoire qu’il réalise lui-même dans le pays", a-t-il poursuivi. En cause, une particularité propre au secteur de VusionGroup : le commerce physique en Chine n’a pas encore eu le temps de se moderniser, car le commerce en ligne s’y est implanté de manière exponentielle.

 

Un marché pas si attractif

 

"Le commerce en Chine, c’est le e-commerce. Les magasins existent, bien sûr, mais le rôle du magasin physique est très différent, de sorte que sa modernisation, au sens d’un espace transactionnel, est presque un peu devenue le passé. Nous avons employé jusqu’à 50 personnes en Chine, nous avons des clients également. Mais nous n’avons jamais trouvé un marché rentable et important. Notre principal concurrent ne fait pas non plus la part belle à son marché domestique, qui est pourtant immense. Il n’est pas vraiment attractif, pour des raisons structurelles, qu’on ne peut comparer au marché automobile ou des télécoms", a résumé Thierry Gadou. Pour autant, VusionGroup ne baisse pas la garde. Certes, ces raisons offrent un certain degré de protection à l’entreprise française. "Cela étant, ils ont montré qu’ils s’intéressaient à nos marchés. Ce sont des concurrents sérieux, qui mettent une pression forte sur les prix et qui ont un rapport à la propriété intellectuelle différent. Il ne faut pas être naïf, nous sommes soucieux, nous y sommes présents, et nous innovons", a ajouté Thierry Gadou.

Une approche d’innovation qui se traduit notamment dans les 5 % du chiffre d’affaires consacrés annuellement par VusionGroup à la R & D, au fait que ses équipes en la matière représentent quelque 30 % des effectifs globaux, ou encore au travers de ses neuf centres de R&D répartis sur le globe. "Notre approche n’est pas de faire de la technologie pour de la technologie, mais de faire du sur-mesure, des solutions qui délivrent du résultat. Dans l’histoire et aujourd'hui, ces solutions logicielles B2B orientées sur les résultats ne sont pas le savoir-faire distinctif des sociétés chinoises. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elles sont plus faibles dans ce domaine et que, par exemple, l’ERP (logiciel intégrant les processus clés d’une entreprise, ndlr) dominant en Chine, est SAP. Plus on fait des solutions proches du client et plus on se protège. Mais comme dans tous les domaines industriels, nous sommes très conscients du risque évoqué et nous nous levons tous les matins en se demandant comment s’en protéger le cas échéant", a conclu Thierry Gadou.

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