Macro-économie / Taux
Macro-économie / Taux
Retraites : le COR anticipe un déficit croissant jusqu’en 2070 / Une seule option aux retombées économiques positives pour équilibrer le régime
Sans nouvelle réforme, le déficit du système de retraites français ne fera que s’aggraver durant le demi-siècle à venir. Voilà le résumé du diagnostic posé par le Conseil d’orientation des retraites (COR) dans son rapport annuel publié en milieu d’après-midi.
D’après l’instance présidée par l’économiste Gilbert Cette, alors que le déficit atteignait 0,1 point de Produit intérieur brut (PIB) en 2024, il va s’établir à 0,2 point cette année. Puis, il va se stabiliser jusqu’en 2030 avant de se creuser de façon continue jusqu’en 2070, ce malgré la réforme Borne de 2023 (ouverture des droits à la retraite placée à 64 ans en 2030 et durée d’assurance requise fixée à 43 ans en 2027 pour obtenir une retraite à taux plein). Il s’affichera alors à 1,4 point de PIB.
Pour que ce scénario ne se concrétise pas, quatre leviers sont identifiés par le COR. Il peut être décidé de limiter la progression des pensions nettes de prélèvements, augmenter les contributions retraites des salariés, accroître les contributions retraites des employeurs ou faire reculer l’âge de départ à la retraite. Oui mais voilà, "les trois premières de ces quatre voies sont récessives", peut-on lire dans le rapport.
Dans le détail, "les deux premières réduisent le revenu net et donc la demande des ménages, ce qui affaiblit le PIB ; la troisième voie d’une augmentation des contributions retraites payées par les entreprises augmente le coût du travail, ce qui réduit l’investissement et l’emploi et donc aussi le PIB". A contrario, la quatrième solution génère un double dividende, puisqu’elle provoque une augmentation de l’offre de travail et donc in fine de l’emploi et ainsi du PIB.
Dans ce contexte, le COR a calculé comment équilibrer structurellement le système de retraite chaque année jusqu’en 2070 via le seul levier de l’âge de départ à la retraite. Il en ressort qu’il serait nécessaire de porter cet âge à 64,3 ans en 2030, 65,9 ans en 2045 et 66,5 ans en 2070, soit respectivement 0,2 an, 1,2 an et 1,9 an de plus que l’âge spontanément atteint à législation inchangée.
A noter que parvenir à ce que l’âge de départ effectif augmente n’est pas seulement possible en reculant l’âge d’ouverture des droits. Moduler la durée d’assurance requise (DAR), l’âge d’annulation de la décote ou encore l’ampleur de la décote ou de la surcote peut jouer un rôle.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

