Macro-économie / Taux
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France : Rexecode donne ses recettes pour doubler la croissance / Quatre leviers à mobiliser
Rexecode perçoit les ressorts du sursaut français dans la croissance. Dans une note, Gilles Koléda, conseiller scientifique, et Michel Didier, conseiller spécial, y voient un moyen de résoudre bon nombre de problèmes auxquels l’Hexagone fait face. "En augmentant le revenu national distribuable, une politique de croissance serait favorable non seulement à la réduction du déficit public, mais aussi aux besoins de décarbonation, de réarmement et de pouvoir d’achat de tous ", soulignent-ils.
Estimée aux alentours de 1% par an en volume, la croissance potentielle française pourrait être dopée d’un point de pourcentage, d’après les deux économistes. Ils jugent que quatre leviers devraient être actionnés à cette fin.
D’une part, des gains de productivité plus élevés pourraient permettre de récolter entre 0,3 et 0,4 point de croissance en plus. Mais comment donc les générer ? "Pour les entreprises proches de la frontière technologique, une augmentation du volume de R&D, publique et privée, permet de repousser la frontière. Pour les entreprises au-dessous de la frontière (lagging firms, ou entreprises "à la traîne"), l’objectif est de créer un environnement favorable à leur développement, de renforcer l’adaptation du niveau de compétence de la main d’œuvre et de soutenir l’émergence et le développement des entreprises nouvelles en stimulant l’accès au capital risque", indique le document de travail de l’institut de conjoncture.
D’autre part, l’augmentation de la quantité de capital injectée dans l’économie pourrait jouer un rôle important dans la montée en puissance de la croissance ; ils avancent que sa contribution pourrait se chiffrer à 0,3 point par an. "L’épargne est bien protégée en France, mais elle est peu active pour la croissance. Elle va pour sa quasi-totalité financer le logement social, le crédit bancaire, la dette publique et des achats d’actions cotées, françaises ou étrangères. Les principaux produits de placement sont en effet assortis d’une double garantie de capital et de liquidité. Ce biais pénalise, voire exclut, l’épargne tentée de s’orienter vers les entreprises de croissance, par conséquent en risque", analysent les deux économistes.
C’est pourquoi, ils plaident pour la création de fonds d’investissement à capital garanti (FCG). "Les fonds à capital garanti devraient donc être rachetables à tout moment, sans perte en capital, en abandonnant bien sûr, en contrepartie, l’espoir de plus-value future. La garantie de capital allégerait en outre la contrainte d’exigence de fonds propres imposée par Solvabilité 2. Les assureurs pourraient dès lors investir de façon très significative dans le capital investissement", détaillent-ils. Peu à peu, près d’une centaine de milliards d’euros pourraient être drainés vers les fonds propres des entreprises via ce canal, estiment-ils.
Par ailleurs, sans surprise, Rexecode juge indispensable de mobiliser le facteur travail (contribution de 0,3 point au surplus de croissance). "Un supplément de 0,4 point par an du volume des heures travaillées, au-delà du scénario tendanciel, peut être obtenu soit par un nouveau report de l’âge de la retraite soit par une augmentation de la durée moyenne du travail par emploi, ou par une combinaison des deux", analysent Gilles Koléda et Michel Didier.
Enfin, Rexecode appelle de ses vœux une "nouvelle industrialisation". Elle permettrait de générer 0,1 à 0,2 point de croissance en plus chaque année. Que recouvrirait-elle ? "C’est le rôle des politiques sectorielles de soutenir l’effort d’investissement dans les industries ou les services dont les perspectives d’expansion du marché mondial sont particulièrement favorables. Aucun secteur ne doit être négligé dans la recherche d’activités motrices nouvelles. Certaines d’entre elles existent certainement par exemple dans la chimie, la métallurgie, le médicament. Deux domaines en fort développement devraient être particulièrement soutenus : la décarbonation et la digitalisation". Aussi, Michel Didier et Gilles Koléda, sont favorables à un doublement, voire un triplement du plan France 2030. Pour mémoire, déployé par Emmanuel Macron, président de la République, à l’automne 2021, il s'agit d'un plan de 54 milliards d’euros conçu pour soutenir les industries d’avenir.
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