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Macro-économie / Taux

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États-Unis : Donald Trump franchit une première étape sur le budget / En l’état, l'endettement public ferait la grimace

Alors que la Chambre des représentants a adopté le projet de loi de finances, le Sénat devrait être amené à sensiblement le modifier. Il faut dire que la dégradation des finances publiques qu’il engendrerait du fait des baisses d’impôts pourrait être importante.
Donald Trump, président des Etats-Unis - Mandel NGAN / AFP
Donald Trump, président des Etats-Unis - Mandel NGAN / AFP

Le budget voulu par Donald Trump signe un premier succès. Le texte, appelé "One Big Beautiful Bill Act" (OBBA), a été adopté par la Chambre des représentants à une voix près. "L’échec [n’était] pas une option" avait déclaré le chef de la chambre basse du Congrès américain, Mike Johnson.

Le projet de loi de 1 100 pages prévoit notamment de prolonger les réductions d’impôts pour les entreprises et les particuliers adoptées en 2017 pendant le premier mandat de Donald Trump et d’annuler de nombreuses mesures d’incitation en faveur de l’énergie verte adoptées par l’ancien président démocrate Joe Biden (Inflation Reduction Act).

Pour contrebalancer, seulement en partie ces mesures, les républicains ont prévu d’importantes coupes dans certaines dépenses publiques, parmi lesquelles Medicaid, l’assurance-santé qui couvre près de 70 millions d’Américains. Selon l’analyse du CBO, une agence parlementaire non partisane, les coupes actuellement prévues dans ce programme public pourraient priver d’assurance-santé plus de 7,6 millions de personnes d’ici à 2034. Toujours d’après le CBO, le projet de loi réduirait les revenus des 10 % des ménages américains les plus pauvres et augmenterait les revenus des 10 % les plus riches.

Des sénateurs républicains ont vertement critiqué le projet de loi s’inquiétant des retombées pour les finances publiques américaines. "Notre dette devient une vulnérabilité", a par exemple déclaré le sénateur du Dakota du Nord Kevin Cramer.

Il faut dire que "ce plan implique un surcroît de déficits budgétaires d’environ 3 300 milliards de dollars sur dix ans", soutient Bruno Cavalier, chef économiste d’Oddo BHF. " In fine, le déficit public pourrait atteindre 8 à 9 % du PIB si la "Big, beautiful bill" est adoptée, ce qui serait tout à fait inédit hors période de récession", indique Bastien Drut, responsable des études et de la stratégie chez CPRAM. "Dit autrement, un choc externe non prévu amènerait le déficit bien au-delà de 10 % du PIB", ajoute l’économiste.

L’un des autres enjeux de ce texte a trait au plafond de la dette, l’OBBA prévoyant de le relever de 4 000 milliards de dollars. Pour mémoire, en janvier 2023 un accord avait été trouvé pour qu’il soit suspendu jusqu’en janvier 2025. Depuis le début de l’année, le Trésor a recourt à des mesures exceptionnelles compte tenu de l’interdiction de lever de la nouvelle dette (il peut emprunter pour rembourser celle qui arrive à échéance). "Le Trésor vide petit à petit son compte à la Fed. Si ce dernier s’approche de zéro, la préoccupation de marché reviendrait à un éventuel défaut de paiement", explique Bastien Drut. Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a indiqué que l’Etat fédéral pourrait être à court d’argent en août.

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