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Macro-économie / Taux

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IA générative : un emploi sur quatre serait exposé dans le monde / La transformation serait plus probable que la substitution

Dans une étude, l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’Institut national de recherche de Pologne (NASK) dévoilent un nouvel indice visant à capturer la manière dont l’intelligence artificielle générative pourrait remodeler les professions à travers la planète.
Jakub Porzycki / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Jakub Porzycki / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Ce ne serait rien de moins que l’évaluation mondiale la plus détaillée à ce jour. Voilà comment l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’Institut national de recherche de Pologne (NASK) décrivent l’étude qu’ils ont réalisée, étude visant à analyser comme l’intelligence artificielle générative (GenAI) pourrait remodeler le monde du travail.

Cette étude s’appuie sur un indice qui mesure de quelle manière les métiers peuvent être touchés par la GenAI. Pour cela, les chercheurs ont utilisé un grand nombre de tâches (près de 30 000) décrites dans le système de classification des métiers en Pologne. Ils ont interrogé 1 640 travailleurs pour savoir si, selon eux, certaines tâches pourraient être automatisées par l’IA. Ils ont ainsi recueilli plus de 52 000 réponses, puis ont comparé ces avis avec ceux d’un groupe d’experts internationaux. Ces discussions ont permis de créer une base de connaissances sur les tâches qui pouvaient être faites par l’IA.

Grâce à ces informations, ils ont mis au point un outil d’intelligence artificielle capable d’estimer, pour chaque métier, à quel point il est exposé à l’automatisation par la GenAI, en se basant sur la classification internationale des métiers utilisée par l’OIT. "Face à l’emballement autour de l’IA, il est crucial d’apporter de la clarté et du contexte. Cet outil aide les pays à évaluer l’exposition potentielle et à préparer leurs marchés du travail à un avenir numérique plus équitable", a déclaré Janine Berg, économiste principale à l’OIT.

Que nous apprend l’indice ? Un quart des emplois mondiaux relèvent de professions potentiellement exposées à la GenAI, avec une part plus élevée dans les pays à revenu élevé (34 %). L’exposition reste nettement plus élevée chez les femmes. Dans les pays à revenu élevé, les emplois les plus exposés à l’automatisation représentent 9,6 % de l’emploi des femmes, contre seulement 3,5 % pour les hommes.

En outre, les emplois de bureau continuent d’afficher les niveaux d’exposition les plus élevés à l’IA générative, bien que certaines tâches aient fait l’objet de révisions à la baisse dans leurs scores d’automatisation. Ces professions comprennent notamment les opérateurs de saisie, dactylographes, comptables, aides-comptables et secrétaires administratifs. Parallèlement, certaines professions – comme les analystes financiers et les développeurs web et multimédia, ainsi que les guichetiers de banque, traducteurs, programmeurs d’applications ou conseillers en investissement présentent une exposition accrue.

Attention, "il est important de souligner que l’exposition ne signifie pas une automatisation immédiate de la profession dans son ensemble", préviennent les chercheurs. "Cela reflète plutôt le potentiel pour qu’une grande partie des tâches actuelles soient réalisées à l’aide de cette technologie", souligne l’étude. "La disparition d’une profession ou le remplacement de la main-d’œuvre dépendent de facteurs plus complexes, notamment le choix d’adopter ou non la technologie, mais aussi la capacité des travailleurs à apprendre à s’en servir et à s’adapter à l’évolution de leurs tâches", peut-on lire.

L'étude rappelle que comme l’ont montré plusieurs économistes, dont le prix Nobel Daron Acemoglu,  les gains de productivité liés à la GenAI ne viennent pas d’une réduction de la main-d’œuvre, mais de la manière dont les compétences humaines peuvent être renforcées par la technologie, pour reconfigurer les métiers et créer de la valeur ajoutée.

"Pour que cette complémentarité soit possible, il est essentiel d’avoir une approche centrée sur l’humain dans l’adoption de la technologie au travail. [...] Il est crucial de gérer cette transition par le dialogue social, afin de limiter le chômage technologique et ses effets, mais aussi de faire en sorte que la majorité de ceux qui restent en emploi puissent bénéficier de l’outil dans leur travail", explique l'étude.

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