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ArcelorMittal s’engage à poursuivre la décarbonation de son site de Dunkerque / L'intention d'un investissement d'1,2 milliard d'euros confirmée

Le géant de l’acier a confirmé le projet de décarbonation de son site de Dunkerque, qui devrait pour l’heure s’accompagner d’un investissement d' 1,2 milliard d’euros. Il avait été mis en suspens en novembre dernier.
(Photo by Sameer Al-DOUMY / AFP)
(Photo by Sameer Al-DOUMY / AFP)

ArcelorMittal tente de calmer le jeu. Après avoir annoncé un plan social prévoyant de supprimer plus de 600 postes en France, le géant de l’acier a confirmé jeudi son intention d’investir 1,2 milliard d’euros sur son site de Dunkerque, afin de réaliser un premier four électrique. Un grand projet de décarbonation de l’aciérie du Nord de la France du groupe qui avait reçu, en janvier 2024, la visite du locataire de Bercy d’alors, Bruno Le Maire, à la suite de la signature d’un contrat d’aide entre l’Etat et ArcelorMittal, ce à hauteur de 850 millions d’euros. Des aides qui n’ont néanmoins pas encore été touchées. Mais près d’un an plus tard, en novembre dernier, il avait finalement été mis en suspens.

Par la voix de son président en France, Alain Le Grix de la Salle, ArcelorMittal avait détaillé à plusieurs reprises, notamment devant les parlementaires, les raisons de ce report. En cause, une industrie sidérurgique bien mal en point sur le continent et souffrant d’un manque de visibilité. Un climat de crise qui ne permettait donc pas au groupe de s’engager dans un tel investissement. Quelques mois plus tard, les choses semblent finalement avoir changé.Le plan d’action européen pour l’acier et les métaux annoncé par la Commission européenne au mois de mars, permet d’espérer que Bruxelles puisse rapidement mettre en place "des mécanismes efficaces de défense commerciale et d’ajustement carbone aux frontières" (MACF), souligne ArcelorMittal par voie de communiqué.

 

Pas encore de calendrier

 

Une bonne direction confirmée par l’entrée en vigueur le 1er avril dernier de la révision des mesures de sauvegarde de l’acier, assure ArcelorMittal, ajoutant : "L’industrie de l’acier a maintenant besoin d’une limitation des importations à 15 % de la demande d’acier, ainsi que d’un [MACF] efficace qui puisse protéger le secteur, notamment du phénomène de "resource shuffling". Ces conditions permettront de rétablir une concurrence équitable sur le marché européen de l’acier".

Aucun calendrier précis n’a pour l’heure été communiqué. Le groupe a seulement fait savoir que toutes les conditions, lui permettant de relancer son plan européen de décarbonation, devraient être réunies après l’été. Le plan détaillé en janvier 2024 prévoyait de son côté de construire un four de réduction directe et deux fours à arc électrique, afin de remplacer l’un des hauts fourneaux actuellement en exploitation.

Cet investissement, avec d’autres récemment annoncés (254 millions d’euros à Dunkerque et 53 millions d’euros à Fos-sur-Mer ainsi qu’une nouvelle unité de production à venir d’ici à la fin de l’année sur le site de Mardyck, dans le Nord, pour 500 millions d’euros), aboutiront à un total de 2 milliards d’euros investis en France, insiste le groupe, qui rappelle sa détermination à maintenir une "industrie de l’acier dynamique et durable en France". De fait, cette confirmation d’intention d’investissement s’inscrit dans un contexte particulier pour le groupe.

 

Des garanties de développement

 

Ses annonces de suppression de postes ont en effet agité la classe politique, certaines voix s’élevant notamment à gauche afin de proposer la renationalisation de l’entreprise, accusée de mettre son implantation française de côté, au profit d'autres zones géographiques plus rentables. Une solution ayant néanmoins été écartée d'emblée par Emmanuel Macron. "Nous allons sauver et Dunkerque et Fos, […] pas en nationalisant, mais en ayant une politique européenne qui protège notre acier", a affirmé le chef de l’État lors de son intervention sur TF1, mardi. "La réponse ce n’est pas nationaliser, mais d’avoir des garanties de développement", a-t-il ajouté.

Cet engagement d’investissement en sera-t-il un suffisant ? Il serait en tout cas le fruit "d’un dialogue constant que nous avons mené avec ArcelorMittal, les élus et collectivités et les organisations syndicales et de notre travail depuis plusieurs mois auprès de la Commission européenne", a de son côté assuré le ministre de l’Industrie, Marc Ferracci, à la suite de l’annonce du groupe.

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