Macro-économie / Taux
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France : Bruxelles juge que le déficit public sera supérieur à 5,4% du PIB cette année / Environ six milliards d’euros pourraient manquer à l’appel
La réduction du déficit public attendue par la France en 2025 laisse la Commission européenne sceptique. Il doit s’établir à 5,4% du Produit intérieur brut (PIB) cette année, après 5,8% en 2024.
"La loi de finances pour 2025, finalement adoptée en février, intègre d’importantes mesures d’ajustement budgétaire visant à contenir la dynamique des dépenses publiques et à générer des recettes supplémentaires", reconnaît Bruxelles. A politique inchangée, l’effort atteint près de 50 milliards d’euros, dont 30 proviennent de mesures nouvelles en recettes.
Pour autant, la Commission européenne estime que cela ne suffira pas puisqu’elle s’attend à ce que le déficit public représente 5,6% du PIB en 2025. D’une part, "le ralentissement économique prévu devrait peser sur les recettes fiscales, qui progresseraient à nouveau légèrement en deçà de l’activité économique, tandis que la hausse du chômage devrait entraîner une augmentation des dépenses d’allocations chômage", souligne-t-elle. D’autre part, "les paiements d’intérêts sur la dette publique devraient encore augmenter de 0,3 point, pour atteindre 2,5 % du PIB, sous l’effet de l’augmentation de la dette et de la hausse des taux d’intérêt sur les nouvelles émissions obligataires", juge-t-elle. De sorte que "le ratio des recettes devrait augmenter de près de 0,75 point de PIB, tandis que le ratio des dépenses progresserait d’environ 0,5 point", pointe l'exécutif européen.
A noter que Bruxelles escompte une croissance du PIB en volume de 0,6% pour 2025, contre 0,7% selon le gouvernement.
En ce qui concerne 2026, la Commission européenne juge qu’à politique inchangée, c’est-à-dire compte tenu de la trajectoire tendancielle des dépenses et recettes publiques françaises, le déficit public s’élèvera à 5,7% du PIB. "Certaines mesures fiscales adoptées pour 2025 vont expirer", rappelle la Commission européenne ; c'est notamment le cas de la surtaxe d'impôt sur les sociétés touchant les grandes entreprises (8 milliards d'euros).
Comparativement à l’objectif de 4,6% visé par le gouvernement, cela représente donc un effort de près de 35 milliards d’euros à réaliser.
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