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Schneider Electric en difficulté relative au premier trimestre / La faiblesse du résidentiel pénalise la croissance

La transition énergétique et la numérisation restent des moteurs puissants pour Schneider Electric, mais pas suffisants, cette fois, pour compenser un début d’année marqué par la faiblesse persistante du résidentiel. Résultat : un chiffre d’affaires inférieur aux attentes et un net repli en Bourse.
Le chiffre d'affaires du premier trimestre 2025 de Schneider Electric a déçu - Photo by Romain Doucelin/NurPhoto) (Photo by Romain Doucelin / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Le chiffre d'affaires du premier trimestre 2025 de Schneider Electric a déçu - Photo by Romain Doucelin/NurPhoto) (Photo by Romain Doucelin / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Le palmarès des baisses du CAC 40 offrait mardi une image peu courante, avec Schneider Electric en lanterne rouge, chutant de près de 8%, à 200,5 euros. Il est rare de voir l’action du spécialiste mondial de la gestion de l'énergie et de l’automatisation fléchir à ce point, mais il est tout aussi rare que ses performances déçoivent le marché. Car si le groupe est bien armé pour naviguer dans un environnement de transition énergétique favorable, le premier trimestre 2025 s’est avéré plus difficile qu’anticipé.

Tout en question de points de vue. Tandis qu’Olivier Blum, le directeur général, souligne que son groupe a "démarré l’année 2025 en force, avec une croissance organique élevée à un chiffre ("high single-digit") du chiffre d’affaires au premier trimestre ", la communauté financière est plus critique vis-à-vis du chiffre d’affaires de 9,33 milliards d’euros, en hausse de 7,4%, réalisé par l’entreprise sur les trois premiers mois de l’année. Ce chiffre, bien qu’en progression, s’est avéré inférieur de 1,5% aux attentes des analystes.

"La croissance organique a ralenti, passant de 12,5 % au quatrième trimestre 2024 à 7,4 % au premier trimestre 2025", pointe ainsi Deutsche Bank, alors que le consensus tablait sur une performance plus robuste, avec une prévision de croissance estimée à 8,9 %. En cause : la faiblesse du secteur résidentiel principalement, qui regroupe l'ensemble des activités liées aux équipements et solutions destinés aux bâtiments résidentiels, faiblesse qui s’est répercutée sur l’activité de la branche Gestion de l’énergie, dont les ventes ont augmenté de 9,6% à périmètre et taux de change constants, là où les analystes attendaient une hausse de 11,1%.

"Nous constatons un certain ralentissement dans le résidentiel, qui s'explique par la faible confiance des consommateurs et le maintien de taux d'intérêt élevés, en particulier en Europe et en Amérique du Nord ", a ainsi reconnu Hilary Maxson, la directrice financière du groupe, lors de la conférence téléphonique avec les analystes, confirmant une tendance potentielle déjà évoquée en février lors de la publication des résultats annuels.

 

Croissance élevée "à deux chiffres"

 

Heureusement, l’exposition principale du groupe sur ce marché final concerne les bâtiments non résidentiels, dont les ventes sont demeurées bien orientées au cours du trimestre, que ce soit dans le segment de la santé, celui de la distribution et des bâtiments publics/institutionnels.

Surtout, la demande dans les centres de données et les infrastructures sous l'effet des tendances à l'électrification et à la numérisation ne faiblit pas. Dans les centres de données en particulier, les ventes continuent de croître à un rythme élevé "à deux chiffres". Le groupe y déploie une offre complète, allant de l’alimentation électrique aux systèmes de refroidissement, en passant par la gestion énergétique, la sécurité, ainsi que des solutions modulaires et préfabriquées, conçues pour s’adapter à tous types d’environnements, des plus standards aux plus exigeants. Une offre que le rachat récent de l’américain Motivair, spécialiste du refroidissement liquide pour les environnements de calcul intensif, est venue encore renforcer.

C’est en s’appuyant notamment sur ce moteur important de sa croissance que Schneider Electric a donc confirmé mardi ses objectifs annuels. Le groupe table toujours en 2025 sur une progression organique de 10 % à 15 % de son résultat opérationnel (Ebita) ajusté, fondée sur une croissance organique de son chiffre d'affaires comprise entre 7 % et 10 %. Il vise également une amélioration de sa marge d’Ebita ajusté de 50 à 80 points de base, pour atteindre un taux situé entre 18,7 % et 19 % sur l’ensemble de l’exercice.

Quant aux incertitudes liées au "Liberation Day", en référence aux droits de douane protectionnistes annoncés par Donald Trump, Hilary Maxson s’est montrée rassurante : "Nous ne constatons rien de particulièrement différent par rapport aux tendances déjà observées au premier trimestre, et aucun impact sur notre propre pipeline de projets à ce stade." Le seul changement notable reste concentré sur le segment résidentiel : "C’est le seul domaine où les discussions ont évolué, où nous voyons une légère différence d'un point de vue commercial".

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