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Les tarifs douaniers américains s’immiscent au sein du dossier de la vente de TikTok / Quand les décisions de Donald Trump mettent des bâtons dans les roues d'un autre de ses projets

Bien décidé à trouver un accord pour finaliser la vente des activités américaines de TikTok, qui devra être validé par sa maison-mère et les autorités chinoises, Donald Trump a de nouveau décidé de lui accorder un sursis pour trouver un repreneur. Les nouveaux droits de douane imposés à la Chine auraient été responsables de l’abandon d’un accord qui était proche d’être conclu, en amont de l’escalade des tensions commerciales entre Pékin et Washington apparues ce mardi.
 (Photo by Chen Yuyu / CFoto / CFOTO via AFP)
(Photo by Chen Yuyu / CFoto / CFOTO via AFP)

Alors que la Chine semble, pour l'heure, bien déterminée à répondre coups pour coups aux droits de douanes supplémentaires que veut lui imposer Donald Trump, malgré les menaces de surenchère du président américain, cette guerre commerciale n'est pas sans incidence sur un autre dossier : le rachat de Tik Tok. Les nouvelles barrières douanières ont en effet changé la donne. Vendredi, Donald Trump a décidé de reporter de nouveau de 75 jours, par décret, l’application de la loi imposant à ByteDance (la maison-mère du réseau social) de céder le contrôle de sa filiale américaine, sous peine d’interdiction sur le territoire national. "Mon administration a travaillé d’arrache-pied sur un accord pour sauver TikTok, et nous avons réalisé d’énormes progrès. Cet accord nécessite davantage de travail pour garantir la signature de toutes les autorisations nécessaires. […] Nous espérons continuer à travailler de bonne foi avec la Chine, qui, je crois savoir, n’est pas très satisfaite de nos droits de douane réciproques (nécessaires à un commerce équitable et équilibré entre la Chine et les États-Unis !)", a indiqué le président sur son réseau Truth Social.

Un échec des négociations qui semblerait donc effectivement, à mettre en lien avec les évènements de la semaine passée. "Si je leur avais donné une petite baisse de droits de douane, ils auraient approuvé l’accord en 15 minutes", a de plus indiqué le président américain à des journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One, selon des propos rapportés par l’Agence France Presse lundi. "Ça vous montre la puissance des droits de douane, non ?", a-t-il poursuivi.

De fait, le dénouement de la transaction nécessitera un feu vert de la part de ByteDance, mais également des autorités chinoises. "ByteDance a discuté avec le gouvernement américain d’une solution potentielle pour TikTok U.S. Aucun accord n’a été conclu. Il reste des questions clés à résoudre. Tout accord sera soumis à l’approbation de la loi chinoise", réagissait simplement l’entreprise vendredi, confirmant pour la première fois être en discussion pour céder ses opérations américaines.

 

Scénario plausible

 

Il s’agit du deuxième sursis décidé par le président américain, qui avait déjà prolongé la date limite prévue pour la vente du réseau social – jusqu’au 5 avril – dans la foulée de son investiture. Elle résulte, pour mémoire, d'une loi ayant été votée par le Congrès en 2024, en raison d’inquiétudes liées à la sécurité nationale. Depuis, une multitude de scénarios ont été évoqués de part et d’autre, entre propositions d’achat potentielles ou avérées. La solution plébiscitée par l’administration Trump, selon la presse américaine, aurait permis de créer une nouvelle entité basée aux États-Unis, qui aurait ainsi hébergé les activités américaines de TikTok.

Un consortium d’investisseurs, qui aurait pu réunir le groupe de cloud Oracle - fondé et dirigé par Larry Ellison, un proche du président -, Blackstone ou bien Andreessen Horowitz, aurait détenu la moitié de cette structure. Les investisseurs américains existants de TikTok auraient, de leur côté environ 30 % du capital et ByteDance, un peu moins de 20 %. Ce qui aurait ainsi permis de satisfaire les exigences de la loi américaine. 

Les données des utilisateurs auraient été stockées sur les infrastructures cloud d’Oracle. Restait toutefois la sensible question de l’algorithme de TikTok, qui aurait, dans ce cas, pu être loué à cette nouvelle entité américaine en échange de la participation minoritaire. Un point qui pose néanmoins encore question dans le cadre du respect de la législation. "Nous ne voulons pas que TikTok disparaisse. Nous sommes impatients de collaborer avec TikTok et la Chine pour conclure l’accord", a en tout cas assuré le président américain vendredi. La nouvelle échéance est désormais attendue pour le 19 juin.

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