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Electra, Atlante, Ionity et Fastned prennent les devants pour simplifier la recharge européenne / Une manière de lever l'un des freins (multiples) à l'adoption des véhicules électriques

Quatre des champions européens de la recharge électrique ont noué une alliance pour permettre de fluidifier l’accès des automobilistes à leurs infrastructures respectives, grâce à la création d’un réseau unifié. Un premier pas pour résoudre l’un des grands problèmes freinant l’adoption des véhicules électriques, soit de simplifier le processus de recharge.
(Photo by Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

L’union fait la force et les acteurs de la recharge électrique l’ont bien compris. Quatre des champions européens en la matière, la scale-up française Electra, le groupe italien Atlante, Ionity (co-entreprise de plusieurs grands constructeurs comme BMW, Ford, Mercedes-Benz ou Volkswagen) et le néerlandais Fastned, se sont réunis au sein de la Spark Alliance. Objectif stratégique : simplifier l’expérience d’usage pour les conducteurs de tels véhicules sur le continent.

Un sujet d’importance pour encourager leur utilisation alors même que la difficulté à les recharger est souvent pointée du doigt pour expliquer le plafonnement de la demande. Un grief dont les opérateurs de la recharge se défendent, soulignant plutôt la sous-utilisation des bornes de recharge disponibles. Dans son plan d’action pour l’industrie automobile présenté au mois de mars, la Commission européenne soulignait même que la vitesse d’augmentation de la capacité de recharge avait été de 30 % supérieure à celle de l’adoption des véhicules au cours des deux dernières années.

 

Invitation à rejoindre

 

En clair, avec la Spark Alliance, au travers de l’utilisation de leur application de charge habituelle (et quelle que soit la marque ou le modèle du véhicule) les conducteurs auront une entrée d’accès et de paiement unique à 1 700 stations, dans 25 pays européens, correspondant à plus de 11 000 points de recharge ultra-rapides. Soit, en cumulé, le plus grand réseau de recharge d’Europe, revendique la Spark Alliance, qui n’indique néanmoins pas que cette collaboration entre les entreprises s’étendra au-delà de ce point spécifique. De quoi jouer la carte de la complémentarité au regard des implantations géographiques de chacune des entreprises.

"La Spark Alliance constitue une avancée majeure pour renforcer la confiance des conducteurs et représente un tournant stratégique dans l’industrie de la recharge. Cette initiative pionnière vise à démocratiser l’accès à la recharge publique et à établir de nouveaux standards pour favoriser l’adoption massive du véhicule électrique en Europe", assure le collectif. "Nous poursuivrons avec d’autres initiatives visant à rendre l’accès à la recharge publique plus fiable, plus transparent et plus sûr, tout en préparant l’industrie à l’adoption massive des véhicules électriques. Définir les standards de l’infrastructure de recharge publique et introduire de l’innovation ne peut se faire en silo : nous nous sommes réunis pour poser les premières bases, et nous invitons d’autres partenaires engagés à nous rejoindre pour construire ensemble l’avenir de l’électrique", a de son côté prévu le président-directeur général d’Atlante, Stefano Terranova.

Si ces quatre entreprises ont pris l’initiative de mutualiser leurs forces pour simplifier l’accès à la recharge, le sujet semble aussi être une priorité pour la Commission européenne, qui en fait l’un des grands axes de son plan d’action pour l’industrie automobile. Le fait est que si les capacités de recharge sont effectivement disponibles et que cette alliance promet de faire un pas vers la simplification et la fluidité de leur usage, d’autres sujets restent à aborder - et ce à plus grande échelle.

 

D’autres propositions à venir

 

D’une part, elles sont assez inégalement réparties. Selon l’ACEA, 60 % des bornes de recharge sont situées dans trois pays. "La disponibilité d’infrastructures de recharge électrique et de ravitaillement en hydrogène est l’une des conditions préalables à l’adoption de véhicules à émission zéro, et les investissements dans les infrastructures sont donc également essentiels pour la compétitivité du secteur automobile européen. Cependant, le déploiement des infrastructures de recharge n’est pas équitablement développé dans les États membres et dans les régions. Il faut que cela change", ajoute de son côté Bruxelles dans son plan d’action. Objectif : mettre en place une couverture élargie et rationaliser la planification et les procédures d’octroi de permis. Pour ce faire, un montant de 570 millions d’euros sera par exemple mis à disposition pour le déploiement de projets d’infrastructures en 2025 et 2026, avec une attention particulière portée aux véhicules lourds. Au sein du plan d’investissement dans les transports durables, qui devrait être adopté dans le courant de l’année 2025, la Commission présentera également des actions supplémentaires visant à supprimer les barrières pour faire passer le financement des infrastructures de recharge à l’échelle, précise-t-elle.

D’autre part, pour porter la demande, reste évidemment le sujet de l’accessibilité aux véhicules électriques, plus onéreux à l’achat (mais pas forcément sur le long terme) que ceux à moteurs thermiques. À ce propos, Bruxelles avait notamment appelé les États membres à se saisir des instruments à leur disposition, à l’instar de celui du leasing social, qui avait été victime de son succès en France. Le gouvernement avait annoncé qu’il serait sûrement reconduit en 2025 en fin d’année dernière. Une nouvelle qui a été confirmée par la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, cette semaine. Les détails de sa mise en place restent à l’étude, mais cette aide devrait signer son retour en septembre prochain. À l’échelle européenne, les parts de marché des véhicules électriques à batterie semblent en tout cas reprendre un peu d'élan depuis le début de l’année. Elles avaient atteint 15,2 % à la fin du mois de février, contre 11,5 % au titre des mois de janvier et février 2024.

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