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La dynamique commerciale de Tesla se ternit encore / Elle a plusieurs raisons de caler
Le déclin commercial de Tesla se poursuit. La firme d’Elon Musk a fait savoir qu’elle avait livré 336 681 véhicules au premier trimestre de 2025, soit bien moins que les 386 810 enregistrés un an plus tôt, correspondant ainsi à un recul de 13 %. La production de véhicules s’est quant à elle élevée à 362 615 pièces. Les chiffres des livraisons de Tesla sont "désastreux", a commenté l’analyste Dan Ives de chez Wedbush Securities. De fait, le consensus des analystes s’attendait, en moyenne, à ce que la firme vende plus de 390 000 véhicules sur la période, selon les différentes estimations compilées par Bloomberg, qui font également ressortir qu’il s’agirait du pire trimestre du constructeur de véhicules électriques depuis 2022.
Il faut dire que Tesla est soumis à de multiples pressions, dont celle, forcément, d’une concurrence internationale féroce. À titre de comparaison, le géant chinois BYD a vendu 416 388 véhicules électriques au premier trimestre de l’année. Tesla ne donne pas de précisions géographiques quant à la répartition de ses ventes. En revanche, les statistiques régionales déjà publiées par d’autres organismes laissent entendre que sa dynamique dans l’Union européenne est, par exemple, bien loin d’être au beau fixe.
Déclin européen
Au titre des mois de janvier et février, les immatriculations neuves de Tesla avaient reculé de 49 % sur un an, selon les données de l’ACEA. Et pourtant, sur la même période, les véhicules à batteries électriques ont gagné des parts de marché : elles sont remontées à 15,2 %, contre 11,5 % un an auparavant. Les statistiques du mois de mars n’arrangent rien, puisque les ventes de Tesla ont notamment chuté de 37 % dans l’Hexagone sur les quatre dernières semaines.
En Europe, comme aux États-Unis, les prises de position politique très controversées d’Elon Musk et sa proximité avec Donald Trump entachent aussi nécessairement l’image de la marque. Les appels au boycott et à sa démission du DOGE, le département chargé de tailler dans l'administration publique, se sont multipliés ces dernières semaines : pas évident d’attirer de nouveaux clients dans ce climat.
"Si le passage des lignes du Model Y dans nos quatre usines a entraîné la perte de plusieurs semaines de production au premier trimestre, la montée en puissance du nouveau Model Y se poursuit", explique de son côté simplement Tesla. Une version remodelée de son modèle Y a effectivement été pensée pour relancer la demande, puisque seules quelques légères modifications y avaient été apportées depuis son lancement il y a désormais plusieurs années. Ce qui a donc entraîné des perturbations dans ses usines mondiales, réorganisées à cet effet.
Pente glissante
La dynamique baissière était pourtant déjà enclenchée. En 2024, Tesla a enregistré le premier recul annuel de ses ventes depuis de nombreuses années, à hauteur de 7 %. "Grâce aux progrès de l’autonomie des véhicules et à l’introduction de nouveaux produits, nous prévoyons que l’activité automobile renouera avec la croissance en 2025", avait alors prévu la firme. " Les projets de nouveaux véhicules, y compris des modèles plus abordables, restent en bonne voie pour un démarrage de la production au premier semestre 2025", avait aussi indiqué Tesla.
Une gamme vieillissante, un patron clivant aux activités par ailleurs multiples, une concurrence féroce… le cocktail est forcément amer pour les investisseurs. Après les sommets atteints à la suite de l’élection de Donald Trump, l’action Tesla fait d’ailleurs bien grise mine depuis le début de l’année, s’affichant même en baisse de 30 %. D’autant que la guerre commerciale entreprise par Donald Trump pourrait s’avérer à double tranchant pour l’entreprise du milliardaire. Alors qu’elle produit ses véhicules vendus aux États-Unis sur le territoire national, les nouveaux tarifs imposés sur l’automobile par le président américain pourraient, de prime abord, lui profiter. En revanche, le milliardaire a d’ores et déjà expliqué que l’impact sur les coûts des pièces détachées importées se ferait aussi ressentir sur les siens. Reste également à voir quelle sera la riposte de l’Union européenne en la matière.
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