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Unibel vers un retrait de la cote avec une offre bonifiée / Le prix de sortie progresse de plus de 20%
Un peu plus de trois ans après avoir retiré le Groupe Bel et son portefeuille de fromages de marques de la cote, sa holding familiale s’apprête à suivre le même chemin. Le projet d’offre publique d’achat simplifiée, suivie d’un retrait obligatoire, déposé mercredi par le Comptoir Général des Fromagers Français auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF), indique avec une certitude élevée que les jours d’Unibel sur Euronext Paris sont désormais comptés. Tandis que le prix de sortie envisagé vient de connaître une nette inflation.
Certitude parce que le concert familial derrière l’offre contrôle 98,52 % du capital et 93,54 % des droits de vote d’Unibel, soit bien plus que les 90 % requis pour assurer le succès de l’opération.
Le Comptoir Général des Fromagers Français, la structure de contrôle familiale choisie par les familles Fiévet, Sauvin et Dufort pour opérer, ainsi que l’opération elle-même, incarnent la réconciliation récemment affichée par celles-ci après plusieurs décennies de tensions. Tensions nées d’un conflit fratricide survenu il y a environ vingt ans, opposant deux sœurs nées Fiévet : Catherine Sauvin et Brigitte Dufort, et à l’issue duquel la branche Dufort, en délicatesse avec ses cousines, avait quitté le pacte d’actionnaires. En rappelant que la famille Fiévet, premier actionnaire d’Unibel (avec 80 % du capital), descend de la famille fondatrice Bel, toujours présente au sein de la gouvernance de Groupe Bel, avec Antoine Fiévet, actuel président du conseil d’administration, qui représente la cinquième génération de dirigeants familiaux.
Cette réconciliation s’est matérialisée le 16 décembre par la conclusion du nouveau pacte d’actionnaires visant à "préserver le caractère familial du groupe", "assurer la stabilité de son contrôle" et "favoriser sa transmission aux générations futures.".
Initialement fixé à 980 euros par action, le prix de l’OPA dévoilé en décembre a été porté à 1 180 euros dans l’offre déposée cette semaine. Un relèvement significatif de 20 %, résultat de la pression exercée par les (rares) actionnaires minoritaires. Parmi eux, la Financière Tiepolo, détentrice de 965 actions (0,0415 % du capital), a plaidé pour une évaluation " par transparence", en prenant pour référence la valorisation des actions Bel lors de leur retrait de la cote. Sur la base du prix de 550 euros par action Bel à l’époque, la société de gestion a estimé en première approche la valeur d’Unibel à 1 309 euros, et même à 1 469 euros en intégrant la progression du chiffre d’affaires (+10,7 %) et du résultat opérationnel courant (+12,2 %) du groupe fromager depuis lors.
De quoi relativiser le nouveau prix de 1 180 euros par action Unibel, qui n’en reste pas moins attractif, offrant une prime de 42,2 % sur le cours de clôture du 16 décembre 2024, veille de l’annonce initiale. Il convient également de souligner qu’un tel relèvement de prix est relativement peu fréquent, bien que des ajustements presque aussi importants aient pu être récemment observés, à l’image du groupe Bolloré, qui a revu à la hausse son offre pour trois de ses holdings cotées : la Compagnie du Cambodge, la Financière Moncey et la Société Industrielle et Financière de l’Artois.
Reste à connaître l’avis de l’expert indépendant, le cabinet A2EF. Ses conclusions doivent être rendues publiées ultérieurement, tout comme l’avis motivé du conseil de surveillance d’Unibel sur l’offre.
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