Macro-économie / Taux
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Quand les musiciens paient les pots cassés des tensions commerciales en Amérique du Nord / Une histoire familiale met en exergue l’effet des droits de douane chers à Donald Trump
Des guitares aux cymbales. Donald Trump n’épargnerait décidément pas les musiciens américains. Après avoir détaillé les bénéfices de la spécialisation et leur remise en cause par les droits de douane proposés par Donald Trump, Cullen Hendrix, chercheur au Peterson Institute, se fait ces derniers jours l’écho des conséquences d’une moindre concurrence desservant le consommateur américain.
Il choisit une nouvelle fois un exemple pour le moins original, évoquant l’histoire des deux plus grands producteurs de cymbales d’Amérique du Nord, issus tous les deux d’une firme lancée en 1623. De longues années avant de voir "un plan de succession conduire à une scission entre deux frères Zildjian et à une longue bataille juridique. Une branche prend le contrôle de l’usine du Massachusetts, l’autre du Nouveau-Brunswick, ce qui conduit à la fondation de Sabian au Canada en 1981 ". Depuis, l’un et l’autre sont devenus les principaux concurrents sur ce secteur.
Remettre en cause
Les prix de détail actuels des gammes des deux entreprises ont été relevés par les soins de l’économiste et ce pour un ensemble représentatif de cymbales. Il s’avère que les prix de Sabian sont certes plus élevés, mais que les différences sont relativement faibles, étant comprises entre 3 et 6 %. S’il n’est pas encore certain que les droits de douane de 25 % imposés au Canada et au Mexique soient appliqués par les États-Unis, l’économiste rappelant qu’ils "ont été suspendus pour tous les produits conformes à l’Accord États-Unis-Mexique-Canada jusqu’au 2 avril", les effets sont bien plus compliqués à anticiper qu’une simple transposition des 25 % sur le prix.
Cullen Hendrix argue en effet que "la répercussion des droits de douane, c’est-à-dire la part de l’augmentation des droits de douane sur les prix payés par le consommateur final, est généralement calculée sur la base des prix coûtants, assurance et fret (CAF), plutôt que sur les prix de détail". Il est clair à ses yeux qu’un "tarif de 25 % ne se traduirait pas par une augmentation de 25 % du prix de détail ".
Les calculs effectués par ses soins, pour le mois de janvier 2025, font état d’un " prix unitaire CAF moyen des cymbales canadiennes importées [qui] était de 109,99 dollars selon les données officielles des douanes américaines. Un tarif de 25 % se traduirait donc par un prix CAF de 137,49 dollars. La différence entre les deux, soit 27,50 dollars, représente l’augmentation de prix potentiellement répercutée sur le consommateur ".
Son épingle du jeu
La leçon n’est pas pour autant transposable à tout autre type de biens, étant donné que la cymbale est assimilable à un bien de luxe auquel peu de substituts sont disponibles. On devine chez l’économiste qu’il tente de raisonner comme on le fait à la Maison Blanche et qu’il décrit la théorie selon laquelle "en rendant les biens importés plus chers par rapport aux biens produits localement, les droits de douane devraient déplacer la demande vers les producteurs nationaux ". Il suppose en effet que les importations de substitutions seront rendues difficiles par de probables tarifs américains sur ces produits.
L’économiste ne se montre pourtant pas enthousiaste pour les consommateurs américains, s’appuyant sur l’expérience des tarifs américains sur les machines à laver chinoises. Il considère que Zildjian aurait tout intérêt à augmenter ses prix dans cette situation. Le constat est donc sans appel et risque de se composer au premier avril de prix plus élevés, de moins de choix pour les consommateurs et surtout "d’avantages résolument mitigés, même pour les producteurs nationaux qui aspirent également à vendre sur les marchés étrangers (et désormais réciproquement protégés)". À l’inverse, il estime qu’il a été résolument bénéfique pour les musiciens qu’une scission ait été opéré chez Zildjian, puisque ayant abouti à "davantage de choix et à une concurrence accrue pour maintenir des prix abordables".
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