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Saipem et Subsea7 créent un poids lourd offshore / Un nouveau géant européen pour répondre à une demande en forte croissance
La fusion annoncée lundi entre l'italien Saipem et le norvégien Subsea7 s'inscrit dans un mouvement structurel de consolidation au sein de l'industrie. Elle illustre une tendance de fond, celle des acteurs du secteur de l'ingénierie offshore et des services pétroliers, qui cherchent à unir leurs forces pour renforcer leur compétitivité à l'échelle mondiale.
Ce phénomène n’est pas récent. En 2011, le britannique Ensco a acquis l'américain Pride International, spécialisé dans l'offshore profond, pour 7,3 milliards de dollars. En 2017, General Electric a fusionné sa division GE Oil & Gas avec Baker Hughes, visant à unifier leurs expertises dans les équipements et services offshore, du forage aux pipelines, en passant par la production sous-marine. La même année, Technip et FMC Technologies avaient également fusionné, avec un accent particulier sur l'offshore. Si Technip Energies s'est séparée de l'ensemble, TechnipFMC est restée concentrée sur les équipements sous-marins, le forage et les services de production.
L’opération de fusion entre Saipem et Subsea7, qui vise à créer un leader mondial des services énergétiques, avec un carnet de commandes de 43 milliards d'euros et un chiffre d'affaires d'environ 20 milliards d'euros, s’inscrit dans un contexte particulièrement porteur. Après la crise des prix du pétrole en 2014-2016, l’industrie offshore a connu une période difficile marquée par des retards ou l’annulation des projets d’exploration et de production retardés ou annulés.
Mais depuis 2018, les investissements ont repris, notamment dans les projets offshore en eaux profondes, soutenus par la hausse des prix du pétrole et une demande croissante pour des réserves difficiles d’accès, nécessitant des technologies avancées. Cette tendance devrait s’intensifier en 2025, avec des dépenses en capital pour les projets offshore pétroliers et gaziers qui devrait atteindre 123,1 milliards de dollars, en hausse de 50 % par rapport à 2024, selon le cabinet Clarksons Research. Dans le même temps, la transition énergétique mondiale favorise l'éolien offshore, qui devient une source de production d'énergie de plus en plus compétitive.
"Cette fusion démontre l'envergure stratégique de l'entité issue du rapprochement, qui propose des solutions complètes et intégrées pour ses clients. Cela comprend une gamme diversifiée de services offshore et onshore, allant du forage à l'ingénierie et la construction, jusqu'aux services de maintenance et de démantèlement", ont souligné lundi les analystes de Jefferies.
Des synergies estimées à 300 millions d’euros
L’entreprise fusionné regroupera plus de 45 000 collaborateurs, dont 9 000 ingénieurs et chefs de projet répartis dans plus de 60 pays. Elle bénéficiera d’une flotte élargie et diversifiée de plus de 60 navires de construction, renforçant ainsi la capacité de l'entité combinée à mener à bien une large gamme de projets, allant des opérations en eaux peu profondes aux interventions en ultra-profondeur.
Baptisé Saipem7, le groupe issu de la fusion entre Saipem et Subsea 7 sera organisée en quatre grandes divisions stratégiques : Offshore Engineering & Construction, Onshore Engineering & Construction, Sustainable Infrastructures et Offshore Drilling, la première étant appelée à jouer un rôle central, représentant plus de 80% de l’Ebitda de l’ensemble.
De son côté, la division Onshore Engineering & Construction mettra l’accent sur l’optimisation de la rentabilité et la gestion des risques des projets terrestres. La branche Sustainable Infrastructures cherchera à consolider la position du groupe sur le marché italien, tout en explorant des opportunités d'expansion à l'international. Quant à l’activité Offshore Drilling, elle continuera de jouer un rôle clé, avec l’objectif de maximiser à la fois l'Ebitda et les flux de trésorerie associés.
À terme, les synergies générées par la fusion devraient permettre de réaliser des économies annuelles de 300 millions d’euros à partir de la troisième année, grâce à une optimisation des opérations et une gestion plus efficace des ressources.
La fusion entre Saipem et Subsea7 verra les actionnaires de chaque groupe détenir 50% du capital de la société combinée. Les actionnaires de Subsea7 recevront 6,688 actions Saipem pour chaque action Subsea7 détenue. La finalisation de la fusion est prévue pour la seconde moitié de 2026, après quoi la nouvelle entité sera cotée simultanément à la Bourse de Milan et à celle d'Oslo.
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