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Sanofi engage son programme de rachat d’actions auprès de L’Oréal / Et le numéro un mondial de la beauté de se dégager quelques marges de manœuvre financières

En se délestant d’une partie de ses actions Sanofi, le groupe dirigé par Nicolas Hieronimus permet non seulement au géant pharmaceutique d’engager son programme de rachat d’actions mais aussi à son entreprise de rééquilibrer son bilan, en récupérant 3 milliards d’euros.   
Nicolas Hironimus (Photo by HALIL SAGIRKAYA / ANADOLU / Anadolu via AFP)
Nicolas Hironimus (Photo by HALIL SAGIRKAYA / ANADOLU / Anadolu via AFP)

Les groupes L’Oréal et Sanofi ont annoncé ce lundi matin avoir conclu un accord en vue de la cession par le premier d’environ 29,6 millions d’actions Sanofi au deuxième à un prix de 101,5 euros par action, soit une décote de 2,8 % par rapport au cours de clôture du 31 janvier 2025, pour un montant total de 3 milliards d’euros.

Une opération qui devrait être finalisée dans les prochains jours et qui s’inscrit pleinement dans le cadre du programme de rachat d’actions de 5 milliards d’euros de Sanofi annoncé le 30 janvier 2025. Ces actions seront d’ailleurs annulées au plus tard le 29 avril prochain. Ce faisant, à la suite de cette opération et après annulation des actions rachetées, L’Oréal restera l’un des principaux actionnaires de Sanofi avec 7,2 % du capital du laboratoire pharmaceutique et 13,1 % des droits de vote (soit environ 20 % en assemblée générale compte tenu de l’absentéisme habituel).

Du côté du géant français de la beauté, la transaction est expliquée par une volonté d’optimisation de son bilan, "notamment suite aux acquisitions effectuées récemment, et de diversifier encore davantage les sources de financement du groupe". De fait, ces dernières années, le groupe dirigé par Nicolas Hiéronimus a procédé à des rachats stratégiques, et notamment l’australien Aesop en 2023, pour 2,5 milliards d’euros, soit environ cinq fois le chiffre d’affaires de 537 millions de dollars réalisé par l’entreprise l’année précédente. Un deal au montant élevé mais preuve pour L’Oréal du fort potentiel de la marque en Chine, à l’image de Kiehl’s devenue aujourd’hui une marque mondiale. En 2024, le groupe a également remis des billes dans Galderma, entreprise que L’Oréal avait co-créée avec Nestlé en 1981 avant que ce dernier n’en prenne le contrôle en 2014 puis la vende à Sunshine SwissCo AG (consortium mené par le fonds d’investissement suédois EQT) en 2019. Ces dernières semaines enfin, le numéro un mondial de la beauté a mis la main sur Gowoonsesang Cosmetics, star de la dermo-cosmétique en Corée du Sud, et de quoi encore renforcer pour L’Oréal son offre dans la région.

D’un point de vue financier, il faut dire aussi que le groupe pouvait se le permettre. Certes, au premier semestre 2024, le cash-flow opérationnel s’élevait à 1,987 milliard d’euros contre 2,1 milliards d’euros à fin juin 2023 et avec au 30 juin 2024 une dette nette qui s’établissait à 6,459 milliards d’euros. Mais la marge brute d’autofinancement de l’Oréal s’élevait à 4,514 milliards d’euros, en augmentation de 3,1 % et ses investissements, à 781 millions d’euros sur la période, représentaient 3,5 % de son chiffre d’affaires (plus de 22 milliards d’euros).

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