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Alstom confirme sa trajectoire de redressement / Vers un dernier trimestre sous le signe de l’accélération
L’exercice 2023-2024 s’était avéré particulièrement mouvementé pour Alstom qui avait traversé une période de gestion de sa trésorerie assez tendue et dû mettre en place dans l’urgence un plan de désendettement. Le suivant est bien parti pour se terminer en beauté. Le fabricant de matériel ferroviaire, qui suit un exercice décalé commençant le 1er avril et se terminant le 31 mars de l'année suivante, sort d’un solide troisième trimestre.
De prime abord, le recul de 22% du total des commandes enregistré d’octobre à décembre, à 4,3 milliards d’euros, pourrait décevoir. Mais il est important de le mettre en perspective. La même période avait marqué le trimestre le plus fort de l’exercice précédent, avec des commandes de 5,45 milliards d’euros. En réalité les commandes ont dépassé de 3% les attentes du consensus.
Cette performance s’est appuyée sur une série de contrats majeurs conclus en fin d’année. Parmi eux, un accord de plus de 500 millions de dollars avec la Southern California Regional Rail Authority pour moderniser le réseau californien, ou encore une commande confirmée par la région Île-de-France pour 35 rames de RER supplémentaires, d’un montant avoisinant 520 millions d’euros. Deux autres commandes européennes, totalisant environ 760 millions d’euros, sont venues renforcer un mois de décembre particulièrement fructueux pour le fabricant de matériel ferroviaire. A noter d’ailleurs quel les commandes en matière de services ont été particulièrement dynamiques, dépassant les attentes d’environ 50%, "ce qui est de bon augure pour les marges", note le courtier Jefferies.
De plus, " le pipeline reste solide, le quatrième trimestre fiscal s'annonçant déjà meilleur que le troisième", observe pour sa part Deutsche Bank. Sur les neuf premiers mois de 2024-2025, les prises de commandes d’Alstom se sont établies à 15,2 milliards d’euros, comparées à 13,9 milliards d’euros sur la même période un an plus tôt, si bien que les commandes de l'année fiscale devraient dépasser les 20 milliards d'euros, estime le directeur financier, Bernard Delpit.
Prises de bénéfices
" Mais la plus grosse surprise de cette publication vient du chiffre d’affaires", observe de son côté le cabinet Oddo BHF. Les ventes d’Alstom ont atteint 4,7 milliards d’euros au cours du trimestre écoulé, en croissance organique de 9,8%, soit une performance supérieure de 4% aux attentes.
Ainsi, le groupe a confirmé l’ensemble de ses objectifs de l’exercice 2024-2025. Parmi eux, la prévision d’une croissance organique du chiffre d'affaires d'environ 5% a de bonnes chances d’être dépassée après la progression de 6,9% atteinte sur neuf mois. La perspective d’une marge d'exploitation ajustée d'environ 6,5% suppose que celle-ci dépasse les 7% au second semestre, et la prévision de génération positive de trésorerie comprise entre 300 et 500 millions d'euros implique que le free cash-flow dépasse les 500 millions d’euros au second semestre en milieu de fourchette (il était négatif de 138 millions d’euros au premier).
Il convient par ailleurs de relativiser la deuxième révision en baisse en six mois de l’objectif de production de matériel roulant. Alstom table désormais sur 4 300 à 4 440 voitures produites en 2024-2025 contre une fourchette initiale de 4 400 à 4 600 unités. "Le matériel roulant continue de faire face à des défis liés à la chaîne d'approvisionnement ", a expliqué Henri Poupart-Lafarge, le directeur général d’Alstom. Toutefois, ce nouvel objectif reflète toujours une nette accélération des cadences au quatrième trimestre. Le signe que "ces tensions sur la chaine d’approvisionnement sont en passe de se résorber, ce qui est une bonne nouvelle", constate Oddo BHF.
En Bourse, l'action Alstom a pourtant chuté de 4,5%, à 19,8 euros. Les investisseurs ont pris pour prétexte certains commentaires du directeur financier, Bernard Delpit, tenus lors de la conférence de présentation des résultats aux analystes, a propos de l'intensification de la concurrence dans certaines régions, comme le Moyen-Orient, l'Asie et l'Amérique Latine, pour prendre leurs bénéfices sur une action qui a signé l'une des plus fortes progressions du SBF 120 en 2024 (+88%).
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