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Macro-économie / Taux / Vieillissement démographique / McKinsey Global Institute / vague

Macro-économie / Taux
Vieillissement démographique / McKinsey Global Institute / vague

Des économies avancées confrontées au défi de la démographie / Le reste de la planète n’y échappera pas non plus

Pyramide des âges oblige, de nombreuses sociétés dont la natalité est déclinante vont être contraintes de se réinventer. Les priorités économiques d’aujourd’hui ne sont déjà plus celles-ci d’hier et seront peut-être encore différentes dans quelques années ou décennies.
Ecole. Photo by ANP MAG / ANP via AFP
Ecole. Photo by ANP MAG / ANP via AFP

Difficile de redresser la barre quand le taux de natalité s’effondre. Le McKinsey Global Institute ne nie pas ces difficultés mais propose dans une étude dédiée un triptyque de solutions pour tenter de sortir de cette impasse. Certains pays sont plus concernés que d’autres à court terme, qu’il s’agisse d’une Corée du Sud dont le cap inquiète, avec moins d’un enfant par femme là où la littérature suggère qu’il faudra qu’il soit de 2,1 pour que la population reste stable, ou même du nôtre. Il est ainsi argué qu’il faudra pour ces nations "influencer leur âge, augmenter l’intensité du travail ou stimuler la croissance de la productivité - ou, plus probablement, s’appuyer sur une combinaison des trois".

Le phénomène ne saurait être endigué de façon rapide cependant, les auteurs affirment que "sans changements significatifs, le vieillissement de la population mondiale signifie qu’un nombre croissant de personnes âgées qui ne travaillent pas aura besoin du soutien d’un nombre croissant de jeunes qui le font". Ce qui veut dire que même si les taux de fécondité mondiaux devaient passer du jour au lendemain au taux de remplacement de 2,1 enfants par femme, il faudrait alors près de 20 ans pour que ces bébés supplémentaires deviennent adultes et puissent contribuer à la croissance économique par leur travail.

 

Chacun son tour

 

Les premières régions à être touchées devraient être les économies développées, à savoir l’Asie avancée, l’Europe centrale et orientale, l’Amérique du Nord et l’Europe occidentale ainsi que la Chine, ces régions ayant un taux de fécondité total moyen de 1,2 enfant par femme aujourd’hui, avec 67 % de leur population combinée en âge de travailler, contre un sommet de 70 % en 2010. D’ici à 2050 ce nombre devrait tomber à 59 % pour ce groupe de nations.

Une dynamique d’autant plus inquiétante dans un système économique " interconnecté avec des boucles de rétroaction qui se renforcent mutuellement. À mesure que les traînées démographiques s’intensifient et que les faibles taux de fécondité se composent et font boule de neige dans le déclin démographique, il pourrait y avoir des effets d’entraînement potentiels pour la demande globale, l’investissement, la génération d’idées innovantes et, en fin de compte, la productivité".

Le reste du monde est divisé en deux types de pays ; la première partie est composée de l’Asie émergente, de l’Inde, de l’Amérique latine et des Caraïbes, et du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Le taux de fécondité y "est de 2,2, et 67 % de leur population est en âge de travailler aujourd’hui. Cette vague prend toujours de l’ampleur, cependant, et atteindra un pic dans les années 2030 dans l’ensemble", indique l’étude. Ensuite, il y a l’Afrique subsaharienne, où le taux de fécondité moyen est actuellement de 4,4, avec uniquement 56 % de la population en âge de travailler. L’institut considère que "cette part continuera de croître, culminant à 66 % jusqu’à la seconde moitié du siècle, lorsque la troisième vague du changement démographique frappera ses rivages".

 

Tirer son épingle du jeu

 

La domination économique actuelle pourrait alors être caduque. Déjà le World Data Lab prévoit que l’Inde et l’Asie émergente pourraient représenter 30 % de la consommation mondiale à la parité de pouvoir d’achat (PPA), contre 12 % en 1997. À l’inverse l’Asie avancée, l’Amérique du Nord et l’Europe occidentale pourraient ne représenter "que 30 % de la consommation mondiale […], contre 60 % en 1997".

À cette même date, l’Afrique subsaharienne à elle seule pourrait alors représenter "18 % des heures travaillées dans le monde, doublant sa part des heures de travail aujourd’hui ". La part du travail mondial effectué par les travailleurs chinois tomberait quant à elle à 18 % d’ici 2050, contre 26 % aujourd’hui. Alors que l’essentiel des pays avancés connaîtrait une baisse conséquente, cela représenterait une opportunité pour de nombreux pays de la vague ultérieure de progresser économiquement. Certains pays dont les taux de fécondité sont inférieurs au remplacement, dont la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, limiterait l’ampleur de cette dynamique en continuant à connaître une "croissance démographique continue jusqu’en 2100 sur la base d’une migration nette positive".

Pour faire face aux conséquences d’une natalité déclinante et à la difficulté d’augmenter l’intensité du travail, il est crucial de se concentrer sur la croissance de la productivité. Ainsi, en supposant que les heures travaillées par habitant augmentent au même rythme qu’au cours du dernier quart de siècle, il s’avère que "la productivité dans la plupart des pays de la première vague devrait augmenter entre 1 et 2 % par an pour maintenir la croissance passée du PIB par habitant. Ce niveau d’augmentation peut sembler modeste, mais en Allemagne, par exemple, cela signifie doubler le taux moyen de croissance annuelle de la productivité de la dernière décennie de 0,7 %". Dans le cas espagnol, il semble que la croissance de la productivité doive être multipliée par environ quatre, même en supposant que l’intensité du travail augmente à des taux passés.

 

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