WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Alstom

Entreprises / Actions
Alstom

Alstom : Un redressement exemplaire / Comment le groupe s’est remis sur les rails en 2024

Alstom a su transformer une période de turbulences en une solide performance financière, rebondissant de façon spectaculaire en 2024. Ce redressement s’appuie sur une restructuration financière réussie et une série de mesures internes. Le bilan désormais assaini, la montée en puissance des commandes, la diminution de l’impact des contrats Bombardier historiques et la poursuite des efforts sur les coûts augurent, a priori, d’une année 2025 prometteuse.
Henri Poupart-Lafarge, le directeur général d'Alstom (Photo by Annette Riedl / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)
Henri Poupart-Lafarge, le directeur général d'Alstom (Photo by Annette Riedl / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)

De la plus grande défiance à la reconnaissance : après avoir frôlé les abysses boursiers fin 2023, Alstom a su redresser la barre et regagner la confiance des investisseurs, au point de signer l’une des meilleures performances du SBF 120, avec une hausse de 90 % sur l’année qui s’achève. Seuls Esso, la filiale française de la major pétrolière américaine ExxonMobil, entrée en juin dans l’indice, et l’entreprise biopharmaceutique Medincell, tout juste intégrée en décembre, ont pu rivaliser avec ce rebond fulgurant.

Pour qui a suivi l’actualité récente du groupe ferroviaire, les gros contrats se sont enchaînés au cours des dernières semaines. Entre celui remporté auprès de la Southern California Regional Rail Authority en Californie, d’un montant supérieur à un demi-milliard de dollars, la confirmation de la commande de 35 rames de RER supplémentaires par la région Île-de-France pour près de 520 millions d’euros, et la réception de deux nouvelles commandes de deux clients européens pour un montant total d’environ 760 millions d’euros, le mois de décembre se sera avéré très prolifique.

Ces contrats s’inscrivent dans la lignée d’un excellent premier semestre 2024/2025, au cours duquel Alstom a enregistré 10,9 milliards d’euros de prises de commandes, en hausse de 30 % par rapport à la même période de l’exercice précédent (le premier semestre d’Alstom se terminant en septembre), sous l’effet notamment d’une commande géante de 2,8 milliards d’euros décrochée en Allemagne.

 

Bilan assaini

 

Mais si Alstom enchaîne les succès commerciaux, cette réussite serait évidemment loin d’être aussi valorisée par les investisseurs sans les efforts considérables entrepris par le groupe pour assainir son bilan et optimiser sa structure de production. Personne n’a oublié la fâcheuse posture dans laquelle le groupe s’était retrouvé il y a un an, confronté à l’urgence d’éteindre l’incendie d’une dette abyssale en raison d’une génération de trésorerie déficiente.

Depuis, Alstom a mis en œuvre avec succès plusieurs initiatives pour assainir son bilan. A l’émission de dette hybride de 750 millions d’euros réalisée en mai, a succédé en juin une augmentation de capital d’un milliard d’euros. Sur le front des cessions d’actifs, la vente dès janvier de la participation dans le fabricant de matériel ferroviaire russe TMH Limited dès janvier 2024 pour 75 millions d’euros, a été suivie en septembre de celle des activités de signalisation conventionnelle en Amérique du Nord pour environ 690 millions de dollars.

En parallèle, l’entreprise a mis en place des programmes de réduction des coûts, contribuant à une amélioration de 70 points de base de sa marge opérationnelle ajustée, remontée à 5,9 %, dont l’efficacité se mesure à la diminution du ratio des frais généraux sur chiffre d’affaires, passé de 6,6 % en mars 2023 à 6 % en septembre 2024.

 

Self-help

 

Pour 2025, la question est de savoir si le groupe peut poursuivre sur sa lancée. Plusieurs éléments permettent de répondre par l’affirmative. Certains sont mécaniques. En particulier, le processus d’intégration de Bombardier est désormais terminée, et les coûts associés devraient cesser l’année prochaine. Également, la plupart des contrats à faible marge ou à marge zéro hérités du passé arrivent à leur terme, et devraient représenter un carnet de commandes de moins de 1 milliard d’euros l’an prochain.

D’autres reposent surtout de la stratégie de self-help de l’entreprise, c’est-à-dire des actions internes visant à renforcer sa rentabilité et sa compétitivité. Il en est ainsi de sa politique de réduction des coûts structurels, notamment en rationalisant ses sites de production (regroupement, modernisation ou fermeture de certains sites moins efficaces) et en optimisant ses processus industriels, qui devrait pouvoir continuer de porter ses fruits l’an prochain. La capacité du groupe à joindre le geste à la parole dans ce domaine a été très appréciée cette année.

La nouvelle gouvernance dissociée depuis juin dernier entre Henri Poupart-Lafarge, qui a conservé son rôle de directeur général, et Philippe Petitcolin, qui a pris la présidence de l’entreprise, a toutes les raisons de continuer d'y rester attentive. Sans oublier le directeur financier, Bernard Delpit, dont l’arrivée chez Alstom en juillet 2023, a été un élément clé dans l’amélioration rapide de la situation financière du groupe. Il a joué un rôle crucial dans la fiabilité des informations fournies à la communauté financière, notamment concernant les facteurs influençant le fonds de roulement et, par conséquent, les flux de trésorerie. De quoi éviter, a priori, de futurs contrepieds comme ceux déjà vécus en la matière.

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article