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Top Ten des élections américaines les plus surprenantes | WanSquare
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exclusif Top Ten des élections américaines les plus surprenantes

EXCLUSIF. L’élection présidentielle de 2016 vous paraît surréaliste ? Attendez de voir les événements qui ont secoué la politique américaine sur ces deux derniers siècles, recensés par CNN. Fractures, revirements et coups de théâtre semblent finalement faire partie de l’ADN du Nouveau Continent.
Clinton - Trump
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1800 : égalité parfaite entre Thomas Jefferson et Aaron Burr

Il y a deux siècles, chaque délégué avait deux votes à attribuer parmi les candidats. Mais cette année-là, Thomas Jefferson et Aaron Burr obtiennent 73 votes chacun. C’est donc à la Chambre des Représentants de trancher, et Alexander Hamilton, un des pères fondateurs du pays, va parvenir à faire élire Jefferson au bout de… 35 séances de vote. Offensé, Aaron Burr finira par tuer Hamilton lors d’un duel 4 ans plus tard.

1824 : putsch parlementaire de John Quincy Adams sur Andrew Jackson

Andrew Jackson était certain de l’emporter face à ses 3 adversaires, après avoir réuni la plus grande part d’électeurs, mais aussi 99 votes du Collège électoral. Néanmoins, sans majorité absolue, ce fut encore aux députés de trancher, et ils optèrent pour… Henry Clay, « speaker » à la Chambre. A la suite des protestations, ils désignèrent plutôt John Quincy Adams, qui nomma tout de même Clay secrétaire d’Etat. Indigné, Andrew Jackson créa le Parti Démocrate, pour reprendre la Maison Blanche en 1828.

1860 : Lincoln contre trois Démocrates

Ici, pas de suspense : Abraham Lincoln remporte l’élection haut-la-main avec 40% du vote populaire. Mais en face, le Parti Démocrate se déchire sur la question de l’esclavage, autorisé par la Cour Suprême 3 ans plus tôt. Trois de ses membres se présentent finalement à l’élection, dont le Vice-président John Breckinridge. Un an après leur défaite, les délégués des Etats du Sud feront finalement sécession.

1872 : schisme et décès d’Horace Greeley face à Ulysses Grant

1872 fut aussi l’année de la première candidature féminine et du premier Afro-américain pressenti comme Vice-président. Mais les choses se corsent quand plusieurs Républicains se retournent contre le Président Ulysses Grant, général victorieux de la Guerre civile mais piètre chef d’Etat, pour fonder le Parti libéral-républicain. Ils soutiennent l’influent homme de presse Horace Greeley qui, malgré le soutien additionnel des Démocrates, n’obtient que 44% du vote populaire. Mais il n’assistera jamais à sa défaite : la mort de sa femme, une semaine avant les élections, le plonge dans la folie, et il décède à son tour avant le dépouillement des urnes.

1876 : Le juge préfère Rutherford Hayes à Samuel Tilden

Le démocrate Samuel Tilden était confiant dans son avance de 250 000 voix. Mais auprès des délégués, il lui en manquait juste une pour obtenir la majorité. Après d’interminables tractations, les deux camps nomment une commission paritaire de 15 membres, donc le seul « indépendant », le juge Joseph Bradley, s’avère être un fervent Républicain, qui retourne la balance en faveur de Hayes. Furieux, les démocrates finissent par renoncer, en échange du retrait des troupes fédérales basées dans les Etats du Sud depuis la fin de la Guerre civile.

1920 : un candidat en prison contre Warren Harding et James Cox

L’élection n’était pas riche en suspense : en 1920, le Républicain Warren Harding écrasa facilement le Démocrate James Cox, avec un score historique de 60% des voix populaires et 37 des 48 Etats en sa faveur. Mais un troisième candidat joua les trouble-fêtes : le socialiste Eugene Debs se présentait pour la 5e fois, et remporta 6% des suffrages. Plus étonnant encore, il mena sa campagne depuis… sa cellule, où il était condamné à 10 ans d’emprisonnement pour espionnage, après ses nombreux discours contre l’engagement américain dans la Première Guerre Mondiale.

1948 : l’incompréhensible victoire d’Harry Truman contre Thomas Dewey

Plus personne n’y croyait, pas même Truman. L’opposition républicaine avait triomphé aux élections de mi-mandat, et un sondage publié la veille de l’élection donnait le Président perdant de 5 points. Pour aggraver les choses, certains Démocrates présentaient un autre candidat anti-droits civiques, tandis que le Secrétaire d’Etat au commerce se lançait également dans la course. Mais le jour J, les Services Secrets réveillent Truman pour lui annoncer sa victoire, 4,5 points devant le second. Une telle victoire serait-elle encore possible aujourd’hui ?

1960 : pas de maquillage pour Richard Nixon contre John Kennedy

Le Vice-président contre un sénateur inconnu. Nixon ne devait faire qu’une bouchée de ce Kennedy, mais c’était sans compter sur le tout premier débat présidentiel. Récemment hospitalisé, Nixon refuse de porter du maquillage, il est mal rasé et fuit des yeux la caméra. Pour les 70 millions de téléspectateurs, c’est impardonnable, et la majorité est séduite par Kennedy, tandis que les auditeurs de la retransmission radio préférèrent Nixon. Kennedy devient le plus jeune président et premier catholique, mais aucun autre candidat n’ira débattre à la télévision pendant 16 ans.

1972 : électrochoc pour George McGovern contre Richard Nixon

Après plusieurs refus, le démocrate George McGovern avait enfin trouvé son colistier : Thomas Eagleton pouvait en prime lui apporter le vote Catholique. Mais la presse découvre avant lui le terrible secret de son partenaire : Eagleton a été hospitalisé trois fois pour dépression, deux fois au moyen d’électrochocs. L’affaire n’arrange pas l’image radicale attribuée à McGovern, qui soutient les syndicats et de meilleures relations avec Cuba. 18 jours après sa nomination, son colistier abandonne, précipitant l’une des plus lourdes défaites aux présidentielles avec seulement 37% des voix.

2000 : un mois de procès entre George Bush et Al Gore

Cette fois, difficile de trouver un accord. Le 7 novembre 2000, l’annonce du résultat électoral est reportée, en raison du très faible écart qui sépare les candidats. Seule la Floride peut trancher, où tout se joue à 0,5% des voix. La loi exige un recomptage, qui désigne finalement George Bush. Mais les avocats d’Al Gore constatent des erreurs commises par des machines à voter. Les Républicains portent l’affaire jusqu’à la Cour Suprême, qui interdit, à 5 voix contre 4, tout délai supplémentaire. Elle adoube George Bush, pourtant distancé de 337 000 voix dans le vote populaire.


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